samedi 3 mai 2025

ANGOLA, Á DEUX ANS DES ÉLECTIONS, MÊME SCÉNARIO....

L’actualité politique angolaise s’est beaucoup accélérée ces derniers mois. Différents événements, les uns plus importants que les autres, ont émaillé cette période. Cette sorte  d’accélération est souvent observée par ceux qui s’intéressent à la politique angolaise,  à quelques mois des élections. C’est à cette époque que nous assistons  à un film déjà tourné mais remis à neuf sur une nouvelle pellicule. Un film tiré du même scénario, celui de la manipulation et du mensonge. N’auriez-vous pas remarqué qu’à l’approche de chaque cycle électoral, le pouvoir place ses pions aux endroits stratégiques pour que le moment venu le piège se referme sur ses adversaires politiques, resignés et impuissants ?

Je prends ici pour exemple la réélection de Manuel Pereira da Silva (Manico) à la tête de la CNE (Commission nationale électorale) malgré les protestations de l’UNITA et alliés. Son maintien à la direction de cette organisation d’appui à la démocratie n’est pas un fait fortuit. C’est le premier pas décisif vers une fraude électorale programmée. Les têtes bien pensantes affirment que la fraude électorale se prépare toujours en amont.

Dans ce processus de préparation de la fraude électorale, la deuxième étape consiste à écarter les leaders de l’opposition dont la présence dérange le régime. Dans ce cas précis, il s’agit de Adalberto Costa Junior et Liberty Chaka, tous les deux cadres supérieurs de l’Unita, et très adulés par la jeunesse angolaise. Quand on sait que la jeunesse représente plus de 50% des électeurs, je vous laisse tirer vos conclusions. Alors, pour les disqualifier, un procès quelque peu insolite est organisé à Huambo dans le but, manifestement, d’incriminer les deux leaders de l’UNITA. Malheureusement, la tentative a accouché d’une souris. L’histoire des explosifs destinés à perpétrer un attentat contre Joe Biden est finalement un montage cousu de fil blanc.

Cette histoire de COMMISSION ELECTORALE n’a apporté, jusqu’à ce jour, que tragédies aux peuples africains. Dans aucun de nos pays, les résultats des élections organisées par ces fameuses commissions  n’ont été acceptés sans contestations. Dernier exemple en date, le Mozambique. Dans les pays dont nous copions les formules, ces commissions n’existent pas. Les élections sont organisées par le Ministère de l’Intérieur, seul détenteur de toutes les données sur la population. Et sans controverse, les résultats sont connus dans la soirée et acceptés par tous dans l’heure qui suit. Or, dans les pays africains qui ont adopté ce système, le choix des dirigeants de ces fameuses commissions pose déjà problème. Le parti au pouvoir s’arroge le droit d’avoir plus des membres au sein de la commission pour peser plus pendant les assemblées plénières. En RDCongo, les élections de 2018 continuent à être contestées, sept ans après, par celui-là même qui avait proclamé l’actuel président vainqueur, allez-y comprendre. En Côte d’Ivoire, à quelques mois des élections, le débat autour de la commission électorale commence à s’envenimer sérieusement. Ce pays a connu une situation dramatique (3000 morts) il y a quelques années. Les résultats publiés par la commission électorale, selon l’opinion de certaines personnes, ne correspondaient pas à leurs attentes, c’est l’étincelle qui a mis le feu aux poudres. En Angola, dès sa réélection, Manico est contesté par l’UNITA. En signe de protestations,  ses membres quittent l’Assemblée nationale le jour de son intronisation. Alors pourquoi ne réfléchirons-nous pas à la possibilité de changer de système et de trouver un mécanisme plus consensuel ?

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