Cinquante années est le temps qui
nous sépare du 11/11/1975 date de la proclamation unilatérale de l’indépendance
de l’Angola par le Dr. Agostinho Neto, alors président du Mpla et, dans la
foulée, nommé président de la République populaire de l’Angola. Soutenu par les
Russes, les Cubains et les Allemands de l’est, le président Neto, avec la
bénédiction de ses amis du Parti communiste portugais (Pcp), foule aux pieds
les accords de Alvor, signés en 1974 avec le Fnla et l’Unita. C’est la période
de la guerre froide, le monde est divisé en deux blocs. Les Américains et les Soviétiques
se disputent la direction de la planète. Les militaires au pouvoir à Lisbonne sont
tellement préoccupés par leurs propres problèmes qu’ils n’accordent que très
peu d’intérêt à ce qui se passe dans leur colonie. Certains observateurs
affirment que cette posture est délibérée. Les Portugais laissent expressément un
vide dans lequel les Soviets et leurs alliés, qui lorgnent avec appétit vers le
sud-ouest africain et l’Afrique du sud, s’engouffrent sans hésiter. Implantés
en Angola, ils espèrent influencer l’évolution de la situation politique en
Namibie et en Afrique du sud. La Swapo et l’Anc qui luttent pour leur indépendance
trouvent dans cette configuration une
arrière base pour leurs actions contre les forces d’occupation. Considéré par le
bloc de l’Est comme un pays de la ligne
de front, le président Neto, sous le regard silencieux de Lénine, crée à Luanda,
en 1977, le MPLA-PT (Parti du travail), une copie conforme du Parti communiste
cubain. Un parti qui, quelques années plus tard, avec l’accumulation primitive
du capital initiée par José dos Santos,
s’éloignera du marxisme-léninisme pour entrer dans un libéralisme sauvage dont
les Angolais payent le prix aujourd’hui. Le prix, c’est celui de l’injustice
sociale, du chômage, de la misère et de la souffrance. L’accumulation primitive
du capital a ouvert la porte à la gabegie financière, à la corruption, au népotisme
et à l’impunité. Des maux qui sont à la base de toute la misère que vit le peuple
angolais.
1975-2025, cinquante années d’inutiles
sacrifices dans l’espoir d’un avenir meilleur. Un demi- siècle de gouvernance du
Mpla dont les résultats sont mi-figue, mi-raisin.
Objectivement, il y a plus de mécontentement que de satisfaction dans la
population. Ce qui remonte le plus dans l’expression populaire, c’est la brutalité
policière, les arrestations et torture des activistes, la carence d’eau potable
et d’électricité, le manque d’infrastructures scolaires, la montée de
l’insécurité dans les quartiers, la baisse de la qualité de l’enseignement et
de soins médicaux dans les hôpitaux.
Les Angolais n’ont rien gagné ? À
part le droit de siéger aux assemblées générales de l’ONU à coté de grandes
puissances, ils ont gagné le droit à un drapeau national, à un hymne et aux
armoiries. Ils ont aussi gagné le droit à une existence misérable pleine de
difficultés de la vie quotidienne. Les plus chanceux, parrainés par des
responsables du parti au pouvoir, obtiennent des appartements dans les nouveaux
quartiers construits par l’État. Cinquante ans après la proclamation
unilatérale de l’indépendance, on entend encore des Angolais qui regrettent le
départ des colons portugais: À l’époque coloniale, on vivait mieux. Le
syndrome de Stockholm. Le peuple préfère son bourreau à son libérateur. Il y a
lieu de se poser des questions, non ?
Un Angolais sur les réseaux
sociaux se pose la question de savoir si ses compatriotes doivent célébrer
cette journée ou pleurer. Et vous, vous pensez qu’il faut célébrer le 11/11 ou pleurer ?
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