dimanche 15 juin 2025

L'EXCLUSION EN POLITIQUE, UN VIRUS DESTRUCTEUR.

L’ EXCLUSION EN POLITIQUE

UN VIRUS DESTRUCTEUR

Bien peu sont les Angolais qui s’interrogent sur la nocivité de la pratique de l’EXCLUSION dans notre système politique et social. Est-ce par ignorance ? Est-ce par une lassitude due à la nébulosité des méthodes de gestion de notre gouvernement ? Pourquoi exclure un groupe de personnes d’un quelconque système peut-il passer inaperçu dans l’opinion publique? Un regard rétrospectif sur notre histoire ne nous rappelle-t-il pas combien l’EXCLUSION est une réalité ? Une réalité qui menace notre cohésion nationale. Chercher à écarter les autres, parce qu’ils pensent différemment, est une pratique qui met en péril la fragile harmonie nationale en construction dans le pays depuis 50 ans. Les derniers événements à Galanga dans la province de Huambo prouvent à suffisance combien l’exclusion est néfaste.

Il est important de préciser ici que la pratique de l’EXCLUSION en politique n’est pas uniquement un apanage de l’Angola et du Mpla. En Afrique, des pays comme le Rwanda(FPR), le Congo-Brazza(PCT), le Zimbabwe(Zanu-pf) ou le Mozambique(Frelimo) sont passés maitres dans l’art d’exclure les opposants du système politique en place dans le pays. Tous ceux qui, même au sein du régime, expriment ou essayent d’exprimer des idées contraires à celles véhiculées par le parti au pouvoir se voient écartés de compétitions électorales. Tout cela se passe d’une manière plus ou moins légale. Des arguments, basés sur des lois élaborées à la hâte et soutenues par une majorité parlementaire acquise au pouvoir, sont utilisés pour justifier l’injustifiable. Plus récemment, en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, Blé Goudé, Guillaume Soro, Tidiane Thiam sont exclus de la compétition électorale. Maudite Afrique. Voilà camarades, un des maux qui tue nos démocraties. Je vous prie de retenir aussi que l’EXCLUSION ne s’applique pas seulement aux individus. Des régions entières sont exclues des Projets de développement du gouvernement, et complètement abandonnées à leur sort parce que la majorité de  populations de ces régions a voté en faveur d’un parti de l’opposition. En Angola, le sous-développement criant dans lequel s’enlise depuis des années la province du Zaïre (Mbanza Kongo) est un exemple emblématique. Les régions de Kuando-Kubango dans le sud du pays, favorables à l’Unita, sont depuis 50 ans dans un piteux état. Il ne faut pas être un magicien pour savoir pourquoi. Ces deux exemples parmi tant d’autres illustrent à quel niveau la culture de l’EXCLUSION s’est enracinée dans la manière de gérer de nos dirigeants.

Dans l’Angola d’avant l’indépendance, c’est en 1973, au congrès du Mpla à  Lusaka, que les archives enregistrent la première exclusion dans les annales du Mpla, alors mouvement de libération. Daniel Chipenda, vice-président,  est exclu à cause de son opposition au renforcement excessif du leadership du président Agostinho Neto, devenu figure centrale au sein du Mpla. Par cet acte, le Mpla,  mouvement de libération, installe insidieusement l’EXCLUSION dans nos mœurs politiques. La deuxième exclusion spectaculaire a lieu en 1975. Le FNLA et l’UNITA sont exclus de la proclamation de l’indépendance de l’Angola. Cette fois, peu importe la manière, exclure devient un acte légitime, naturel. En 1977 au mois de Mai, sous prétexte d’un fractionnisme dangereux, Nito Alves, José Van Dunem, Sita Valles, Bakaloff et les autres sont neutralisés et, par conséquent, exclus DEFINITIVEMENT du Mpla. C’est le summum. Je ne veux pas rappeler ici la tentative d’exclusion ratée de Adalberto Costa Junior et de Liberty Chaka.   Que Holden Roberto et Jonas Malheiro Savimbi ne figurent pas sur la liste des récipiendaires pour la médaille d’honneur de 50 ans d’indépendance de l’Angola, cela ne peut étonner personne.

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