L’ EXCLUSION EN POLITIQUE
UN VIRUS DESTRUCTEUR
Bien peu sont les Angolais qui
s’interrogent sur la nocivité de la pratique de l’EXCLUSION dans notre système
politique et social. Est-ce par ignorance ? Est-ce par une lassitude due à
la nébulosité des méthodes de gestion de notre gouvernement ? Pourquoi
exclure un groupe de personnes d’un quelconque système peut-il passer inaperçu
dans l’opinion publique? Un regard rétrospectif sur notre histoire ne nous
rappelle-t-il pas combien l’EXCLUSION est une réalité ? Une réalité qui
menace notre cohésion nationale. Chercher à écarter les autres, parce qu’ils pensent
différemment, est une pratique qui met en péril la fragile harmonie nationale
en construction dans le pays depuis 50 ans. Les derniers événements à Galanga dans
la province de Huambo prouvent à suffisance combien l’exclusion est néfaste.
Il est important de préciser ici
que la pratique de l’EXCLUSION en politique n’est pas uniquement un apanage de
l’Angola et du Mpla. En Afrique, des pays comme le Rwanda(FPR), le Congo-Brazza(PCT),
le Zimbabwe(Zanu-pf) ou le Mozambique(Frelimo) sont passés maitres dans l’art
d’exclure les opposants du système politique en place dans le pays. Tous ceux
qui, même au sein du régime, expriment ou essayent d’exprimer des idées contraires
à celles véhiculées par le parti au pouvoir se voient écartés de compétitions
électorales. Tout cela se passe d’une manière plus ou moins légale. Des
arguments, basés sur des lois élaborées à la hâte et soutenues par une majorité
parlementaire acquise au pouvoir, sont utilisés pour justifier l’injustifiable.
Plus récemment, en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, Blé Goudé, Guillaume Soro,
Tidiane Thiam sont exclus de la compétition électorale. Maudite Afrique. Voilà camarades,
un des maux qui tue nos démocraties. Je vous prie de retenir aussi que
l’EXCLUSION ne s’applique pas seulement aux individus. Des régions entières
sont exclues des Projets de développement du gouvernement, et complètement
abandonnées à leur sort parce que la majorité de populations de ces régions a voté en faveur d’un
parti de l’opposition. En Angola, le sous-développement criant dans lequel s’enlise
depuis des années la province du Zaïre (Mbanza Kongo) est un exemple
emblématique. Les régions de Kuando-Kubango dans le sud du pays, favorables à
l’Unita, sont depuis 50 ans dans un piteux état. Il ne faut pas être un
magicien pour savoir pourquoi. Ces deux exemples parmi tant d’autres illustrent
à quel niveau la culture de l’EXCLUSION s’est enracinée dans la manière de
gérer de nos dirigeants.
Dans l’Angola d’avant l’indépendance,
c’est en 1973, au congrès du Mpla à Lusaka,
que les archives enregistrent la première exclusion dans les annales du Mpla, alors
mouvement de libération. Daniel Chipenda, vice-président, est exclu à cause de son opposition au
renforcement excessif du leadership du président Agostinho Neto, devenu figure
centrale au sein du Mpla. Par cet acte, le Mpla, mouvement de libération, installe insidieusement
l’EXCLUSION dans nos mœurs politiques. La deuxième exclusion spectaculaire a
lieu en 1975. Le FNLA et l’UNITA sont exclus de la proclamation de
l’indépendance de l’Angola. Cette fois, peu importe la manière, exclure devient
un acte légitime, naturel. En 1977 au mois de Mai, sous prétexte d’un fractionnisme
dangereux, Nito Alves, José Van Dunem, Sita Valles, Bakaloff et les autres sont
neutralisés et, par conséquent, exclus DEFINITIVEMENT du Mpla. C’est le summum.
Je ne veux pas rappeler ici la tentative d’exclusion ratée de Adalberto Costa
Junior et de Liberty Chaka. Que Holden Roberto et Jonas Malheiro Savimbi
ne figurent pas sur la liste des récipiendaires pour la médaille d’honneur de
50 ans d’indépendance de l’Angola, cela ne peut étonner personne.
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