mardi 11 novembre 2025

1975 - 2025 , 50 ANS D'INDEPENDANCE / DU COLONIALISME AU NÉOCOLONIALISME

 

Cinquante années est le temps qui nous sépare du 11/11/1975 date de la proclamation unilatérale de l’indépendance de l’Angola par le Dr. Agostinho Neto, alors président du Mpla et, dans la foulée, nommé président de la République populaire de l’Angola. Soutenu par les Russes, les Cubains et les Allemands de l’est, le président Neto, avec la bénédiction de ses amis du Parti communiste portugais (Pcp), foule aux pieds les accords de Alvor, signés en 1974 avec le Fnla et l’Unita. C’est la période de la guerre froide, le monde est divisé en deux blocs. Les Américains et les Soviétiques se disputent la direction de la planète. Les militaires au pouvoir à Lisbonne sont tellement préoccupés par leurs propres problèmes qu’ils n’accordent que très peu d’intérêt à ce qui se passe dans leur colonie. Certains observateurs affirment que cette posture est délibérée. Les Portugais laissent expressément un vide dans lequel les Soviets et leurs alliés, qui lorgnent avec appétit vers le sud-ouest africain et l’Afrique du sud, s’engouffrent sans hésiter. Implantés en Angola, ils espèrent influencer l’évolution de la situation politique en Namibie et en Afrique du sud. La Swapo et l’Anc qui luttent pour leur indépendance trouvent dans cette configuration  une arrière base pour leurs actions contre les forces d’occupation. Considéré par le bloc de l’Est  comme un pays de la ligne de front, le président Neto, sous le regard silencieux de Lénine, crée à Luanda, en 1977, le MPLA-PT (Parti du travail), une copie conforme du Parti communiste cubain. Un parti qui, quelques années plus tard, avec l’accumulation primitive du capital initiée par  José dos Santos, s’éloignera du marxisme-léninisme pour entrer dans un libéralisme sauvage dont les Angolais payent le prix aujourd’hui. Le prix, c’est celui de l’injustice sociale, du chômage, de la misère et de la souffrance. L’accumulation primitive du capital a ouvert la porte à la gabegie financière, à la corruption, au népotisme et à l’impunité. Des maux qui sont à la base de toute la misère que vit le peuple angolais.

1975-2025, cinquante années d’inutiles sacrifices dans l’espoir d’un avenir meilleur. Un demi- siècle de gouvernance du Mpla dont les résultats sont  mi-figue, mi-raisin. Objectivement, il y a plus de mécontentement que de satisfaction dans la population. Ce qui remonte le plus dans l’expression populaire, c’est la brutalité policière, les arrestations et torture des activistes, la carence d’eau potable et d’électricité, le manque d’infrastructures scolaires, la montée de l’insécurité dans les quartiers, la baisse de la qualité de l’enseignement et de soins médicaux dans les hôpitaux.  

Les Angolais n’ont rien gagné ? À part le droit de siéger aux assemblées générales de l’ONU à coté de grandes puissances, ils ont gagné le droit à un drapeau national, à un hymne et aux armoiries. Ils ont aussi gagné le droit à une existence misérable pleine de difficultés de la vie quotidienne. Les plus chanceux, parrainés par des responsables du parti au pouvoir, obtiennent des appartements dans les nouveaux quartiers construits par l’État. Cinquante ans après la proclamation unilatérale de l’indépendance, on entend encore des Angolais qui regrettent le départ des colons portugais: À l’époque coloniale, on vivait mieux. Le syndrome de Stockholm. Le peuple préfère son bourreau à son libérateur. Il y a lieu de se poser des questions, non ?   

Un Angolais sur les réseaux sociaux se pose la question de savoir si ses compatriotes doivent célébrer cette journée ou pleurer. Et vous, vous pensez qu’il faut célébrer  le 11/11 ou pleurer ?

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