vendredi 10 juillet 2020

Avec Le Général Lourenço, rien ne va.

La situation sociale en Angola est catastrophique. Les populations éprouvent beaucoup de difficultés à pouvoir vivre décemment. L'arrivée du Général Lourenço au pouvoir n'a rien apporter de mieux au quotidien du citoyen angolais. La chute du prix du baril de pétrole et l'endettement excessif du pays ont plutôt compliqué une situation qui n'était pas agréable à vivre. Les mesures prises pour rapatrier l'argent volé par certains caciques du Mpla et planqué dans des paradis fiscaux n'ont donné les résultats escomptés. Au contraire, ces mesures ont provoqué au sein du Mpla un climat de défiance. Si des élections étaient organisées en ce moment, en toute transparence en Angola, le Mpla, malgré toutes les gesticulations du pouvoir en place, aurait d'énormes difficultés à les gagner. Pour cause, depuis le 23 septembre 2017, date à laquelle le Général Lourenço a accedé au pouvoir, sous sa bannière de la lutte contre la corruption, l’opinion observe qu’en plus de deux ans le pays reste embourbé dans les décombres de l'ancien régime, un régime auquel il a toujours appartenu, un régime de corruption. Son apparente bonne volonté n'a rien changé. La jeunesse attend toujours les 500.000 emplois promis. 
Aussi curieux que cela puisse paraitre, l'Angola, selon certains observateurs,  n'est pas encore sorti de la corruption, pas même de la dictature qui font l'ADN du pouvoir du MPLA. Le rêve des jeunes angolais, qui par la force des circonstances font du taxi-moto ou vendent des cartes de recharge Unitel/Movicel, est resté juste un rêve. La mauvaise qualité de l'enseignement et le chômage endémique ont fini par les désillusionner. Ils commencent à se demander si l'Angola changera un jour pour le mieux. Pire encore, la lutte contre la corruption que le régime brandit quotidiennement pour calmer les esprits faibles ne sert finalement qu'à punir les menus fretins d'hier et d'aujourd'hui, tandis que les gros requins et les baleines, barons du régime, continuent de se la couler douce, manifestant dernièrement sans vergogne leur intention d'acheter, dans le cadre d'une éventuelle privatisation, Sonangol, et de devenir les "propriétaires" du pays. La Sonangol, cette vache à lait de l'Angola,  risque de devenir une entreprise privée et cesser d'être un bien du peuple angolais. Ce sont ces mêmes “marimbondos” (félons) qui s'apprêtent à tout acheter, mais alors tout, et veulent laisser le pays sans actions financières. Cela conduira inexorablement à l’esclavage du peuple par ses propres dirigeants. Et dans cette structure de pouvoir de type monarchique, comme c'est réellement le cas en Angola d'aujourd'hui, les camarades du Mpla ont l'intention de transformer l'Angola en une propriété privée. Alors dans tout ça se demande-t-on, quelle est la place qu'occupent ceux qui pensent différemment? Je rappelle ici que ceux qui sont complices d'un passé de corruption sont les mêmes qui sont aux commandes dans le pays. Lorsque des messieurs avec des procédures judiciaires au Portugal, des sieurs pour lesquels la justice angolaise avait promis un jugement en Angola, se retrouvent aujourd'hui totalement libres, il y a vraiment de quoi se poser des questions. Bien que, par définition constitutionnelle, João Lourenço soit le sommet de la pyramide d'une République, il jouit en pratique d'attributs identiques à ceux d'un monarque des régimes historiques:«Je suis l'État, proclamait le roi Louis XIV de France». Il vous souviendra qu'en Angola le parlement angolais n'a pas le droit d'interpeller les ministres de João Lourenço. À l'image de Deng Ciao Ping, auquel il s'identifie, il est le centre de tout. Rien ne se fait sans son consentement. Lorsqu'il nomme quelqu'un à un portefeuille ministériel, et cela arrive presque tous les mois, il agit comme s'il lui accordait une faveur. Les règles de choix sont dictées par des critères de relation personnelle, d'amitié et aussi par des liens de fidélité au parti et aux groupes pro-Lourencistes, et jamais par des critères de mérite, de carrière professionnelle, de compétence individuelle et autres qualités qui caractérisent chaque individu à être nommé. Le général Lourenço ne marche-t-il pas finalement sur les traces de son prédécesseur? Il ne peut rien faire de différent, c'est dans l'ADN du Mpla.
Depuis que le général est au pouvoir, les médias angolais l'ont ménagé pour ne pas porter atteinte à sa crédibilité et gêner ses actions politiques. Mais au fil des mois, la lumière au bout du tunnel social des Angolais s'éloigne de plus en plus. Et cela commence à fatiguer le peuple qui émet des signes d'impatience. On entend dans la rue des réflexions comme: "les habitudes et les magouilles sont restées les mêmes que par le passé". La corruption est-elle devenue un art? 
Sobamasoba, l'analyse politique qui informe. 

Source: angola24horas

dimanche 21 juin 2020

Vanité des vanités, tout est vanité.

Une fois n'est pas coutume. La précarité de la situation sociale des Angolais  me  conduit  aujourd'hui à me pencher sur le modèle de vie d'une dame. Ce n'est pas n'importe quelle dame, c'est la Première dame de l'Angola. Vous conviendrez avec moi que l'exercice  auquel je m'apprête  demande  beaucoup de tact. Il me revient donc de bien fixer les limites entre  la vie  privée et la vie publique de la dame même si, dans sa position, la frontière  entre les deux est pratiquement inexistante.  
Ana Dias Lourenço, épouse du président angolais, Joâo Lourenço, est une personne pour laquelle les Angolais ont beaucoup de respect. Plusieurs fois ministre, Ana Lourenço, a su démontrer  pendant plusieurs années combien une femme peut honnêtement servir son pays sans tomber dans la vanité. C'est cette image que les Angolais ont toujours eu de cette femme politique à l'allure modeste. Mais, deux ans après l'arrivée de son mari au pouvoir, cette image est-elle toujours celle de cette femme-là, discrète et humble?  
À cette question, les avis sont partagés. Quiconque pense encore  aujourd'hui qu'Ana Dias Lourenço, actuelle première dame en Angola, est plus humble qu'Ana Paula dos Santos, ex-épouse de Dos Santos, dans sa façon de croquer la vie, a tort. Pourtant, tous ceux qui connaissent  Ana Paula sont unanimes à témoigner de son extravagance en matière de dépenses financières.  
Selon des sources proches de la première dame, Ana Dias est devenue extrêmement vaniteuse et exigeante. Dans ses choix pour les services liés à ses besoins personnels, son entourage constate qu'elle  a une préférence pour les services fournis par des professionnels de nationalité étrangère.
Pour divers services qui touchent directement à sa personne, les besoins de l'épouse de João Lourenço sont servis, par exemple pour les cheveux, par un coiffeur brésilien, son maquilleur est un nigérian, son massothérapeute, un philippin, le dentiste est brésilien, les cuisiniers sont portugais et français, les médecins américain et portugais. Tout ceci  ressemble à s'y méprendre aux  habitudes des riches des monarchies du Moyen-Orient. 
Côté shopping, ses endroits préférés sont New York et Paris, mais aussi Lisbonne et Rio de Janeiro. À New York, ses magasins préférés sont sur la glamour Fifth Avenue. La première dame a déjà acheté des bijoux dans l'emblématique bijouterie Tiffany, dans la boutique Gucci située à Trump Tower et Bergdorf Goodman.
À Paris, les magasins préférés de la première dame sont situés sur la prestigieuse avenue des Champs-Élysées, connue pour ses magasins de luxe
Dans la ville des lumières, la première dame d'Angola ne se prive pas de se faire remarquer chez Louis Vuitton, Cartier, Prada et Versace. À Lisbonne, la première dame d'Angola a été vue faire du shopping dans les magasins Carolina Herrera, et dans le magasin de sa marque préférée Max Mara.
Max Mara est une marque italienne dédiée aux femmes qui aiment se sentir à l'aise, sans renoncer à un look sophistiqué et élégant.
 Loin de moi l'idée de souhaiter que la première dame se promène  dans les rues de Luanda vêtue des haillons, pieds nus et les cheveux pleins de poussière. Mais, quand on a pour mari  un président qui s'est engagé à lutter contre la corruption, moins d'extravagance... sinon le discours du mari est à l'opposé de la légèreté de sa femme. Dans l'alternance politique qu'a connu l'Angola, a-t-on déshabillé saint Pierre pour habiller Saint Paul?  Vanité des vanités, tout est vanité.

Sobamasoba, l'analyse politique qui informe. 

Source: angola24horas

mercredi 10 juin 2020

Bornito de Sousa, un vice-président pour faire quoi?

Dans l'histoire politique angolaise, personne n'a accédé à un poste aussi élevé, et vécu en détention, comme c'est le cas avec le vice-président angolais Bornito de Sousa. Si nous regardons autour de nous, nous ne trouverons probablement personne qui soit si proche de la lumière, mais qui, en même temps, reste dans l’obscurité la plus totale. Cela rappelle ce que les Mexicains, empêchés d’entrer aux États-Unis comme ils voudraient, disent de leurs voisins du Sud  à propos de l’Amérique, "lejos de Dios"! (Ils sont loin de Dieu).  
Quand José Eduardo dos Santos a fait de Fernando Piedade «Nandó» son premier ministre,  ce dernier a connu aussi cette inédite situation. D'un premier ministre "décoratif", il n'est devenu fonctionnel  que quand  José Eduardo dos Santos a bien voulu lui donner  un peu de travail. Pendant tout ce temps,  Nandó se morfondait en s'imaginant un travail imaginaire, mais c'était quand même du travail. Par exemple, lors des Jeux Olympiques d'Athènes, il y est resté plus longtemps que son patron ne l'aurait souhaité sans aucune remontrance de son chef. On dirait qu'il n'existait pas. José Eduardo dos Santos avait la même attitude envers Paulo Kassoma et Manuel Vicente, qui ont été premier ministre et vice-président. 
 Aux États-Unis, Donald Trump, l'omniprésent président des États-Unis, a beaucoup confié à son vice-président, Mike Pence. C'est à lui que le président a confié la tâche de diriger le groupe de travail sur le COVID-19. 
Les deux fois où il l'a eu comme Premier ministre, Vladimir Poutine, un autre qui occupe tout l'espace en Russie, a donné une certaine latitude à Dmitri Medvedev. Le cas de Bornito de Sousa est différent et unique. Le vice-président est un cas qui mérite d'être étudié. Quiconque se consacre à écrire l'histoire du mandat du président João Lourenço devra voir Bornito de Sousa, non seulement comme un cas, mais déjà comme un coucher de soleil. Malgré l'immensité  des problèmes que connaît l'Angola, Bornito de Sousa n'est chargé absolument de rien pour s'occuper. Aujourd'hui, il traverse sa troisième phase de confinement. La première a commencé avec son arrivée à la vice-présidence. Après une année de farniente et d'ostracisme, frustré, il a informé quelques uns de ses amis influents qu'il ne voulait pas faire partie du ticket électoral pour un second mandat. À João Lourenço, qui ne l'a certainement pas en tête pour les prochaines élections présidentielles, a  été épargné la peine de devoir  dire à Bornito de Sousa (en face), qu'il doit penser à une autre vie après la fin de ce mandat
La deuxième phase du confinement, peut-être la plus humiliante, a eu lieu lorsque le PR a nommé Carolina Cerqueira ministre d'État chargée de l'espace social. Cette promotion a sapé l'idée, qui a même beaucoup de sens, que le vice-président pouvait être en charge de ce domaine. Pour s'occuper, Bornito de Sousa, l'un des premiers politiciens à rejoindre les réseaux sociaux, avait déjà transformé l'interaction avec les internautes en une occupation «à plein temps». Il n'y avait littéralement rien à faire. C'est alors, pour se rendre un peu utile, qu'il a publié le tweet "malheureux" sur la naissance du prince Archi Harrison, fils du prince Harry et de Megan Markle, duc et duchesse de Sussex. Ce tweet est devenu un sujet de moquerie.  
Personne ne peut, après avoir occuper d'importantes fonctions dans le pays, cesser d'être utile, surtout après avoir atteint, certainement au prix de grands sacrifices, le deuxième poste de magistrat suprême du pays. C'est alors que se pose la question de relation entre le vice et son patron. 
Il se trouve que dans la relation entre João Lourenço et Bornito de Sousa, il y a toujours eu de nombreuses zones d'ombre. Il est de notoriété  publique qu'entre eux il y avait - ou il y a toujours - de vieux  contentieux. En tant que chef du groupe parlementaire du MPLA, Bornito de Sousa avait fait part au secrétaire général du Mpla, João Lourenço, de la "fête" qui avait eu lieu autour de l'exclusion de Marcelino Moco, Lopo de Nascimento et França Van-Dúnem, du congrès de 2008. Et à ce congrès, l'image de João Lourenço fut esquintée sous le regard silencieux de Bornito de Sousa. Or tout le monde sait que ce n'est pas João Lourenço qui a choisi Bornito de Sousa pour occuper le poste de vice-président. Bornito de Sousa lui a été imposé par José Eduardo dos Santos à l'époque propriétaire et maître de tout. José Eduardo dos Santos croyait que, placé à la vice-présidence de la République, Bornito de Sousa serait son homme. Probablement, il s'attendait à ce que Bornito joue avec João Lourenço le rôle de casse-pieds, gêneur.
Seulement, João Lourenço n'a eu aucune difficulté à coincer Bornito de Sousa. Mais pour le bien du peuple et la gestion de chose publique, le bon sens n'aurait-il pas été de mieux utiliser l'expérience du vice-président?  Était-il sensé de le "désactiver"? Le président de la République ne gagnerait-il pas beaucoup plus s'il associait, dans l'élaboration  de ses décisions, une personne portant le cachet de Bornito de Sousa? Bornito de Sousa a été président de la Commission constitutionnelle qui a produit la Constitution actuellement en vigueur dans le pays; il a été chef du groupe parlementaire du MPLA et ministre de l'administration du territoire. Est-ce qu'une personne avec une telle expérience peut être rejetée?
Il y a quelques jours, João Lourenço a créé une commission de révision des manuels scolaires. Ce fut une bonne occasion pour João Lourenço de donner du travail au vice-président de la République, encore moins de donner une plus grande dignité institutionnelle à cette commission. Mais, montrant une fois de plus qu'il n'a pas besoin de son adjoint, João Lourenço a confié la coordination de la commission à Carolina Cerqueira. Ce qui montre à suffisance que le président de la République mélange de l'ail avec des gousses. À terme nous pouvons conclure que João Lourenço laisse sa colère et sa rancune personnelles interférer dans la relation institutionnelle. Bornito de Sousa ne fait certainement pas l'unanimité nationale. Mais on ne peut pas lui reprocher d'être un crack en portugais.  Pour cette raison, la coordination de la commission chargée de la révision des manuels scolaires, généralement pleine d'erreurs portugaises, conviendrait à Bornito de Sousa comme un gant. Et vous, pensez-vous que l'Angola a besoin d'un vice-président? 

Sobamasoba, l'analyse politique qui informe. 

Source: angonoticias. 


mardi 26 mai 2020

La CHINE généreuse et rusée ?

Dans une de mes dernières publications, la dette extérieure de l'Angola était le sujet que j'avais choisi pour partager avec vous. Ce sujet qui parait peut-être anodin à vos yeux concerne plusieurs générations d'Angolais. Les parents aujourd'hui, par leurs impôts, payent la dette, leurs enfants payeront et les enfants de leurs enfants continueront à payer. Il est donc légitime que les Angolais sachent de quelle manière leur gouvernement gère les emprunts contractés auprès des créanciers étrangers. Aujourd'hui,  la dette de l'Angola envers la Chine, un tabou, revient à la surface avec des informations non officielles indiquant que le gouvernement de João Lourenço pourrait livrer, pour rembourser sa dette, une grande quantité de pétrole à la Chine en raison du manque de réserves suffisantes capables d'assurer le paiement. L'Angola a bénéficié de plusieurs lignes de crédits.
Le montant réel du découvert angolais envers les Chinois est une autre question que se posent les citoyens dans certains milieux à Luanda. Le manque de transparence du gouvernement dans la résolution de ce problème soulève aussi d'autres interrogations. Les informations diffusées par des responsables du Mpla indiquent une dette envers la Chine de l'ordre de 22 milliards de dollars, mais les observateurs angolais doutent de ces chiffres.
L'expert en industrie pétrolière et gazière, Artur Pedro, considère que la dette de l'Angola envers la Chine, et d'autres pays africains, n'est pas claire et remet en question le sérieux des fonctionnaires.
"Personne ne parle de cette dette envers la Chine de manière concise et transparente. Et par manque de transparence, le problème devient un casse-tête", déplore Artur Pedro, pour qui cela rend difficile de prévoir tout type d'accord.
Pour sa part, l'économiste Filomeno Vieira Lopes estime qu'en raison de l'opacité qui entoure le sujet et compte tenu de la manière dont ce dossier est traité, l'hypothèse selon laquelle l'Angola pourrait céder une partie de son actif stratégique pour alléger la dette qu'il a auprès du géant asiatique ne peut être écartée. 
«Au Mozambique, par exemple, les Chinois ont déjà commencé à s'approprier les terres en raison du volume de la dette. Dans d'autres parties de l'Afrique, les Chinois ont également repris la gestion de certains sites stratégiques importants comme les ports. En Angola, la tendance sera de céder une partie du patrimoine ", prévient Vieira Lopes, qui regrette le manque d'informations pouvant accompagner le processus de remboursement car "le gouvernement utilise de moyens fantasques et habiles dans le but de préserver les intérêts de ses membres ".
José Severino, président de l'Association industrielle d'Angola, a une opinion plus réservée. Il ne croit pas que l'exécutif puisse renoncer à sa souveraineté. José Severino affirme: "un haut dirigeant d'entreprise chinois est détenu en Chine pour corruption et, pour cette raison, en Angola, on a la présomption qu'une grande partie de la dette angolaise est infectée de vices et ne doit pas seulement être certifiée en interne".
Severino ajoute que "le gouvernement est calme, et les entrepreneurs ne sont pas d'accord pour céder une quelconque partie du patrimoine ou quelques actifs physiques aux créanciers (les banques) et non au gouvernement chinois".
Début 2019, un rapport du Centre d'études et de recherche scientifique (CEIC) de l'Université catholique d'Angola a révélé que la dette de l'Angola envers la Chine est passée de 23,2 milliards de dollars en 2017 à 22,8 milliards à la fin du premier trimestre de l'année dernière.
Sobamasoba, l'analyse politique qui informe.
Source: angonoticias

samedi 23 mai 2020

Le Général Lourenço et le Mpla sont à bout de souffle. Quid du changement promis?

Si des élections étaient organisées en ce moment, en toute transparence en Angola, le Mpla, malgré toutes les gesticulations du pouvoir en place, aurait d'énormes difficultés de les gagner. Pour cause, depuis le 23 septembre 2017, date à laquelle le général Lourenço a accepté d'assumer le rôle de président de l'Angola, sous la bannière de la lutte contre la corruption, l’opinion observe qu’en deux ans et démi après son arrivée au pouvoir, le pays reste embourbé dans les décombres de l'ancien régime, un régime auquel il a appartenu, un régime de corruption. Et depuis, rien n'a changé. La jeunesse attend toujours les 500.000 emplois promis.
L'Angola n'est pas encore sorti de la corruption, affirment certains observateurs, pas même de la tyrannie ou de la dictature qui font la couleur du pouvoir du MPLA. Les conditions sociales du petit peuple et la santé économique du pays se sont gravement détériorées depuis l'arrivée du général Lourenço au pouvoir. Le rêve des jeunes angolais, qui ont cru en lui, est resté à l'état de rêve. La mauvaise qualité de l'enseignement et le chômage endémique ont fini par les désillusionner. Ils commencent à se demander si l'Angola changera un jour pour le mieux. Pire encore, la lutte contre la corruption que le régime brandit quotidiennement pour calmer les esprits faibles ne sert finalement qu'à punir les menus fretins d'hier et d'aujourd'hui, tandis que les gros requins et les baleines, barons du régime, continuent de se la couler douce, manifestant dernièrement sans vergogne leur intention d'acheter, dans le cadre d'une éventuelle privatisation, Sonangol et de devenir les "propriétaires" de l'Angola. La Sonangol, cette vache à lait de l'Angola,  risque de devenir une entreprise privée et cesser d'être un bien du peuple angolais. Ce sont ces mêmes “marimbondos” (félons) qui s'apprêtent à tout acheter, mais alors tout, et veulent laisser le pays sans actions financières. Cela conduira inexorablement à l’esclavage du peuple par ses propres dirigeants. L'inquiétude de l’opinion publique en ce moment précis, est que la lutte de JLo contre la corruption ne sauve pas le pays de la corruption parce que pendant qu'il s’attaque au passé, ce qui est très louable, des milliers et des milliers de ses camarades, membres de son parti, pratiquent impunément la corruption, en commençant par les dirigeants du pays, c'est-à-dire ceux qui détiennent le pouvoir et croient être les propriétaires de tout. Dans cette structure de pouvoir de type monarchique, comme c'est réellement le cas en Angola d'aujourd'hui, les camarades du Mpla veulent transformer l'Angola en une propriété privée. Dans tout ça, quelle est la place qu'occupent ceux qui pensent différemment? Je rappelle ici que ceux qui sont complices d'un passé de corruption sont les mêmes qui sont aux commandes dans le pays. Lorsque des messieurs avec des procédures judiciaires au Portugal, des sieurs pour lesquels la justice angolaise a promis un jugement en Angola, se retrouvent aujourd'hui totalement libres, il y a vraiment de quoi se poser des questions. Bien que, par définition constitutionnelle, João Lourenço soit le sommet de la pyramide d'une République, il jouit en pratique d'attributs identiques à ceux d'un monarque des régimes historiques:«Je suis l'État, proclamait le roi Louis XIV de France». Il vous souviendra qu'Angola le parlement angolais n'a pas le droit d'interpeller les ministres de João Lourenço. À l'image de Deng Ciao Ping, auquel il s'identifie, il est le centre de tout. Rien ne se fait sans son consentement. Lorsqu'il nomme quelqu'un à un portefeuille ministériel, il agit comme s'il lui accordait une faveur. Les règles de choix sont dictées par des critères de relation personnelle, d'amitié et aussi par des liens de fidélité au parti et aux groupes pro-Lourencistes, et jamais par des critères de mérite, de carrière professionnelle, de compétence individuelle et autres qualités qui caractérisent chaque individu à être nommé. Le général Lourenço ne marche-t-il pas sur les traces de son prédécesseur? C'est l'ADN du Mpla.
Depuis que le général est au pouvoir, les médias angolais l'ont ménagé pour ne pas porter atteinte à sa crédibilité et gêner ses actions politiques. Mais au fil des mois, la lumière au bout du tunnel social des Angolais s'est éloignée de plus en plus. Et cela commence à fatiguer le peuple qui émet des signes d'impatience. On entend dans la rue des refléxions comme: "les habitudes et les magouilles sont restées les mêmes que par le passé". La corruption est-elle devenue un art?

mercredi 6 mai 2020

Le Mpla envisage-t-il déjà un 3° mandat pour Joâo Lourenço ?

Incroyable! Alors que le pays, depuis 2014, n'arrive pas à sortir de la crise économique dans laquelle il se trouve, voilà qu'un groupe d'adulateurs, en pleine pandémie de Covid-19, lance à Luanda un débat sur un éventuel 3°mandat pour Joâo Lourenço. Ces courtisans réunis au sein de la nouvelle cellule psychologique réactivée par JLo et logée à la présidence de la République s'illustrent depuis un certain temps par des coups bas contre l'opposition politique, très précisément contre l'Unita de Adalberto Costa. Cette stratégie consiste à réactualiser le logiciel du système de parti unique que le Mpla, à travers un certain Norberto Garcia, ténor de la cellule. Parler d'un 3°mandat alors que le premier est un échec et le deuxième improbable, c'est mettre la charrue avant les boeufs. À moins que les résultats des élections de 2022 ne soient déjà connus. Si non, pourquoi cette précipitation? L'Angola a connu trois présidents de la République. Le premier est mort avant d'avoir fini son mandant. Le deuxième s'est illustré par des méthodes peu recommandables. Le troisième n'était pas préparé pour occuper les fonctions de Chef de l'État. L'adhésion populaire à son programme de lutte contre la corruption n'a pas suffit à le placer sur orbite. L'Angola a besoin d'un leader dont le profil doit correspondre à ceci: Un vrai leader ne contracte pas la “peste des flatteurs”, il est vacciné à l'avance contre toutes sortes de flatteries pour dénoncer et s’assumer contre la courtisanerie.
Le vrai leader n'est attaché qu'à la justice, au bien commun, à la bonne gestion des affaires publiques, aux libertés et à la démocratie, par aversion pour la flatterie ennemie de vérité et de citoyenneté.
Le vrai leader ne fait pas de discours contraires à la pratique quotidienne, afin de ne pas finir aussi agaçant que les mercenaires de l'adulation.
Un vrai leader n'hypothèque jamais l'avenir, niant l'éducation aux jeunes qui constituent l’avenir du pays, par attachement au pouvoir du présent.
Un vrai leader ne cultive pas la colère, la haine, la discrimination, afin de ne pas courir le risque de se réveiller un jour, surpris, le pantalon à la main, face au grand bruit de l'indignation populaire, aux portes du Palais, du fait de la souveraineté citoyenne qui a brisé toutes les barrières militaires, suppression, totalitarisme, mauvaise gouvernance, inflation, impôts élevés, chômage, etc.
Le véritable chef ne blâme pas le passé, mais attise le feu du présent pour tempérer l'acier d’un lendemain meilleur.
Un vrai leader n'ouvre pas sans contrôle l'économie aux capitaux étrangers, véritable requin des affaires et du néocolonialisme économique.  Un vrai leader a la pédagogie de l'écoute plurielle, pour ne pas être surpris par les bouleversements sociaux, l'indifférence, le mépris et l'humiliation des citoyens.
Le vrai leader, attaché aux concepts sublimes de LIBERTÉ ET DÉMOCRATIE, rejette, pour les valeurs morales et éthiques et, surtout, la honte au visage, toute comparaison avec le roi français du XVIIe siècle, Louis XIV, en raison de l'expression ignoble, prononcée le 14 Mai 1643 : « L'état c'est moi », c'est-à-dire en portugais : “ o Estado, sou eu”.
Un vrai leader est digne quand il met plus de 50% des redevances des richesses du pays (pétrole, gaz et minérais), quand le pays a ces richesses, au service de l’éducation nationale en vue de développer les priorités du pays et non d'une éducation d’orientation occidentale totalement éloignée des réalités des peuples autochtones.
Un vrai leader se bat pour que l'enseignement soit obligatoire et gratuit jusqu'au niveau universitaire.
Malheureusement, même au milieu du 21e siècle, l'Angola et de nombreux autres pays du monde manquent de cette espèce rare de grand homme.
Si quelqu'un émerge parmi nous, qui en sera reconnaissant ?

Sobamasoba, l'analyse politique qui informe.

Source: Folha8

jeudi 16 avril 2020

Deux éminents membres du MPLA cités dans une enquête de l'OCCRP.

Deux éminents membres de l'élite politique angolaise ont été cités
comme suspects dans le transfert de centaines de millions de dollars hors de l'Angola, dans un document publié ce lundi 13 mars, par l'Organisation pour les enquêtes sur le crime organisé et la corruption (OCCRP).
L'ancien vice-président angolais Manuel Vicente et le général Leopoldino «Dino» Fragoso do Nascimento, ancien chef de la communication de la présidence, à l'époque de José Eduardo dos Santos, sont les deux éminents membres du Mpla mentionnés dans le document. L'enquête signée par Khadija Sharife et Mark Anderson du OCCRP révèle que des entités angolaises officielles et des directeurs de banques ont détourné des centaines de millions de dollars du pays et créé leur propre réseau bancaire à travers lequel ils ont envoyé de l'argent au Portugal et dans d'autres pays de l'Union européenne. Ce réseau a acheminé au moins 324 millions de dollars via ses banques, la majorité venant d'Angola, et 257 millions supplémentaires ont été détectés dans des entreprises européennes ayant des liens très proches avec ces entités, ajoute l'OCCRP. Le système a été détecté lors de deux audits effectués au Portugal il y a quatre ans, qui ont conclu que des dizaines de lois bancaires portugaises et européennes avaient été violées, mais malgré cela, le réseau continue de fonctionner jusqu'aujourd'hui. Ces deux hommes qui ont travaillé en étroite collaboration avec l'ancien président José Eduardo dos Santos semblent être les architectes du système », dénonce l'organisation. Cette affirmation indique clairement que le vice-président de la République d'alors, Manuel Vicente, et le général Leopoldino« Dino »Nascimento, ancien chef de la communication de Dos Santos sont impliqués jusqu'au cou dans les détournements de fonds en l'Angola. L'organisation ajoute que plus d'une douzaine «d'entités influentes» et leurs familles ont utilisé le système, y compris des sociétés prétendument associées à Isabel dos Santos. Beaucoup de ces fonds auraient été détournés de diverses sociétés du groupe Sonangol et d'autres sources publiques, dont plus de 150 millions de dollars de prêts accordés par la Banque nationale d'Angola, qui, selon l'OCCRP, n'ont jamais été remboursés. Toujours selon l'organisation, le groupe exerçait un contrôle sur les plus grands créanciers angolais, dont la Banque africaine d'investissement, la Banco Negócios Internacional et la Banco Privado Atlantic, pour s'étendre plus tard à leurs succursales à l'étranger, où ils sont devenus actionnaires et clients. Cela, selon le document, «leur a permis de transférer de grosses sommes d'argent via un réseau de banque privée sans aucune possibilité de contrôle.
Dans le cas de la Banque africaine d'investissement, il y avait des gens qui ont obtenu des actions de la banque sans frais, affirme l'OCCRP. Parmi les fondateurs de la banque se trouve Manuel Vicente. Une banque dont la création fut autorisée par Mário Palhares, ancien vice-gouverneur de la Banque nationale d'Angola. Les succursales de ces banques au Portugal et au Cap-Vert n'ont pas mis en place de processus de contrôle du blanchiment d'argent, bien qu'elles aient peu de clients. Le même document indique que ces institutions financières ont réalisé peu de bénéfices ou même travaillé à perte parce que le profit n'était pas leur objectif principal. Au Cap-Vert, la Banco Privado Internacional, étrangement,  n'avait aucune présence physique dans le pays, à l'exception d'une boîte postale à Praia. Il convient de noter que Manuel Vicente détenait 35% des actions, Mário Palhares 30% et le général João de Matos 25%. Je rappelle ici encore une fois que l'enquête est signée par Khadija Sharife et Mark Anderson. L'Organized Crime and Corruption Investigation Project (OCCRP) est une plateforme de reportage d'investigation pour un réseau mondial croissant de médias indépendants et de journalistes. L'équipe est composée d'éditeurs, de chercheurs, d'analystes de données et de cybersécurité, d'administrateurs et de spécialistes dans plusieurs domaines.
Va-t-on assister à la fin de la sélectivité dans la lutte contre la corruption en Angola? 
Sobamasoba, l'analyse politique qui informe.
Source/traduction : angola24horas