mercredi 12 août 2020

José Eduardo dos Santos : l'effondrement de son noyau familial.

Le patron de la famille ayant été emmené à vivre “volontairement” en exil en Espagne (au fait, quand daignera-t-on dire aux Angolais combien  coûte au contribuable l'exil d'or de Dos Santos ? un exil qui tire ses avantages sur la loi protégeant  les anciens présidents de la République) Isabel et Tchizé, les deux filles de Dos Santos, s'évertuent  à occuper des espaces de proéminence dans la communication sociale et les réseaux sociaux, et pas toujours pour de bonnes raisons.  C'est ainsi qu'on assiste à leur présence quasi  permanente  dans les pages de la presse portugaise. C'est surtout la fille aînée de José Eduardo dos Santos qui  monte souvent  au créneau, poussée par sa mauvaise humeur, dans le but de manipuler les faits et de tordre le cou à la vérité.
Quant à Tchizé, la demi-sœur, c'est ainsi qu'Isabel se réfère à l'autre, elle est la fille de JES qui incarne le plus l'état de déni de réalité. Elle revient, pour ceux qui la connaissent, à l'actualité sur les réseaux sociaux pour les mêmes raisons que toujours : le vide qui peuple sa tête et la futilité des initiatives dans lesquelles elle est impliquée. Sur le plan des idées, domaine dans lequel  elle  éprouve des difficultés notoires, l'ancienne députée  du Mpla a bêtement suggéré une réconciliation (?)entre son père et le président João Lourenço. Ce qu'elle n'a pas dit, c'est quand, où et pourquoi Dos Santos et Joâo Lourenço se réconcilieraient. Elle a également omis de préciser s'ils parleraient tous les deux par vidéoconférence ou si son père reviendrait au pays pour un face à face avec le président de la République. 
En ce qui concerne Isabel, elle excelle dans un autre domaine. Pour la petite histoire, le 27 juillet de cette année, la fille aînée de José Eduardo dos Santos, pensant récupérer  un peu d'argent de ses avoirs, a anticipé l'assemblée générale d'Unitel (sa société de téléphonie), prévue à cette même date, pour réclamer le paiement d'une dette de 322 millions de dollars. Lorsque la première femme  millionnaire d'Afrique court derrière des "miettes", la rivière est en train de se sécher. Dans un communiqué, Isabel dos Santos a indiqué qu'au cours de l'exercice 2014, Vidatel, la société  à travers laquelle elle participe au capital d'Unitel, aurait prêté 322 millions à Unitel. 
Le même jour, l'assemblée générale d'Unitel a publié  une déclaration dans laquelle elle  conteste  avec véhémence toute  dette envers l'actionnaire Vidatel, propriété d'Isabel dos Santos. "Il n'y a pas de contrat d'approvisionnement entre l'actionnaire Vidatel et Unitel", indique le communiqué. Unitel  reconnaît toutefois qu'elle dispose de dividendes à verser à l'actionnaire Vidatel pour un montant équivalent à 136 millions d'euros, mais précise que les raisons du non-transfert de ces montants lui sont étrangères, et souligne «les restrictions de l'ordonnance de jugement no. 519/19, qui empêche Unitel d'effectuer des transferts à Vidatel ». La déclaration précise que celle qui a de l'argent pour recevoir des dettes est  Unitel elle-même, à qui l'actionnaire Vidatel doit plus de 400 millions de dollars. 
Or, dans le communiqué qu'elle publie, Isabel dos Santos ne fait aucune mention de la dette de plus de 400 millions d'euros qu'Unitel réclame à Vidatel ou de l'instrument judiciaire qui empêche l'opérateur d'effectuer tout transfert d'argent en sa faveur. C'est pourquoi, même lorsqu'elle dit finalement la vérité, qui devient de moins en moins fréquente, personne ne la prend au sérieux. Les faits persistent à montrer qu'en matière d'argent, Isabel dos Santos n'est pas et n'a jamais été une partenaire fiable.
 Très marquée par les mauvaises habitudes qu'elle porte du passé, Isabel dos Santos reste convaincue que tout ce qu'elle touche est à elle; tout ce à quoi elle pense doit lui être attribué; tout ce en quoi elle croit doit être accompli. Isabel et son mari rêvaient des bijoux suisses De Grisogono. Le père, sans hésiter, a ordonné à Sodiam de faire leur volonté; le couple voulait contrôler l'industrie du ciment du pays, le père et le a ordonné à l'État de renoncer à sa participation dans Cimangola au profit d'Isabel et de son mari. Isabel voulait posséder BFA. Le père a trouvé un moyen de forcer la Sonangol à acheter des actions de BPI et les a données à sa fille. La chère fille rêvait d'une compagnie de téléphone. Le père a forcé Sonangol à assembler et équiper Unitel et a donné une bonne partie de l'entreprise à sa fille. La chère fille rêvait d'un grand port. Le père affectueux n'a pas hésité un seul instant: il a fait don de l'espace où est projetée la construction du port de Dande. Voilà  comment l'excès d'affection et le zèle de Dos Santos ont produit une femme manipulatrice, déloyale et ennemie de la vérité. 
Pendant qu'Isabel dos Santos se noye, Tchizé, la petite sœur, s'efforce d'être un gourou en tout. Elle s'affiche  comme spécialiste en cuisine, journalisme, communication, sciences politiques et, ne soyez pas surpris, l'Étique. Oui, l'ÉTHIQUE.
De Zenu, leur frère, l'opinion publique ne retient que deux choses. L'incompétence et le goût du luxe. José Filomeno dos Santos  n'a jamais eu l'art ou l'ingéniosité de commander quoi que ce soit dans la sphère publique ou commerciale. Toutes ses initiatives se sont effondrées comme des châteaux de cartes. Banco Kwanza Invest, que lui et son ami Jean-Claude Bastos de Morais ont crée avec l'argent du Fonds souverain angolais, a ses jours  comptés. Tel que déterminé par la BNA, les dépôts ne peuvent plus être acceptés. Comme sa sœur aînée, en affaires, Zenu dos Santos est un perdant. Avec sa sœur, tous deux n'étaient des «entrepreneurs prospères» que tant qu'ils avaient un accès illimité aux sacs bleus que leur père mettait à leur disposition.
Et là à Barcelone, où il se cache depuis plus de 2 ans pour ne pas voir de ses propres yeux les résultats de sa catastrophe gouvernementale de 38 ans, José Eduardo dos Santos observe, tranquillement, l'effondrement  de sa famille. On pourrait même dire qu'il a apparemment déjà renoncé à ses obligations paternelles de surveiller et de conseiller sa progéniture. Pathétique. Son effigie a été retirée de nouvelles notes de Kwanza mises en circulation par la Banque nationale. Déchéance. 

Sobamasoba, l'analyse politique qui informe. 

Eduardo M.Scotty. 


mercredi 29 juillet 2020

Au MPLA, l' IMMUNITÉ est l'arbre qui cache la forêt.


En Angola, chaque fois que la justice se met débout pour barrer la route aux associations de malfaiteurs, les personnes suspectées, généralement des dirigeants politiques, brandissent leur IMMUNITÉ pour se soustraire de toute action judiciaire. Et devant ce bouclier, la justice se sent impuissante.  Mais en fait c'est quoi l'immunité? Pour faire simple, l'IMMUNITÉ est une prérogative accordée à une catégorie de personnes pour assurer leur protection contre les actions judiciaires pendant l'exercice de leurs fonctions. Les immunités sont souvent accordées aux chefs d'État, aux parlementaires et aux ministres de gouvernement. Dans des pays dont les gouvernements appliquent des méthodes qui s'apparentent au totalitarisme, les immunités s'appliquent aussi aux cadres du parti au pouvoir. Il est difficile ou impensable qu'un cadre du Mpla, quelle que soit la bévue commise, soit inquiété par la justice. Un seul coup de fil de la hiérarchie suffit pour stopper net une procédure judiciaire. Les cas des personnes qui ont bénéficié de ce "coup de fil" font légion. La dernière personne qui vient de bénéficier de cette largesse est le Général Higinio de Carneiro. Quant à Manuel Vicente, Helder Vieira Kopelipa, Dino Nascimento et autres généraux de la vieille garde du Mpla, l'immunité est un parapluie qui les protège de l'épée de Damoclès suspendue au-dessus de leurs têtes. Dans les quartiers à la périphérie de Luanda, à la tombée de la nuit, dans les bistrots, les conversations tournent autour de ce sujet. Cette institutionnalisation camouflée de l'impunité dérange et crée du désordre dans la tête des gens.   
Finalement, les citoyens sont fatigués de tout ce désordre créé par Mpla, et au milieu de cette confusion, la justice est devenue l'otage des politiciens qui gouvernent le pays parce que le peuple ressent et vit ces faits au quotidien. Pendant que l'immunité met à l'abri les dirigeants et cadres du parti, la population subit des nouvelles méthodes  d'extorsion conçues par des policiers véreux et des procureurs corrompus. Des procureurs qui, dans les commissariats de police,  commettent toutes sortes de barbaries et enfreignent la loi en décrétant des arrestations arbitraires  sur des dossiers mal instruits. Des juges corrompus, des avocats corrupteurs qui transforment la vie des citoyens en un véritable enfer. Et comme tous ces gens sont du Mpla, personne ne remet en question ce qui se passe, sauf à de rares exceptions près, au Parlement, certains individus, devenus des députés grâce à la bienveillance du parti au pouvoir, essayent tant bien que mal de blanchir leur image avec des déclarations élaborées dans des officines, des déclarations qui dérangent la vie quotidienne du citoyen. Et quand il y a des dossiers controversés sur la corruption de gros poissons, l'opposition, censée remettre les pendules à l'heure, se soustrait à ses responsabilités, alors qu'elle devrait normalement profiter de l'espace politique dont elle dispose pour stopper l'arbitraire commis par les gens qui gouvernent, chercher des réponses sur des enquêtes qui n’aboutissent jamais malgré les dénonciations justifiées et des faits avérés. Condamner l’attribution de grands travaux publics sans concours à des amis et membres de famille. Souvent, ces entreprises familiales qui gagnent toujours des marchés le font sans  respecter les règles de droit par des pots-de-vin aux membres du bureau du Président de la République dont le Dircab a reçu dernièrement 1 million de dollars pour faciliter l'attribution d'un marché (dénonciations provenant d'une chaîne de télévision portugaise). Devant cet attelage de protectionnisme, le peuple se moque  des prétendues  enquêtes qui peuvent être diligentées, car ces gens là sont des intouchables.  Rappelez-vous de l'enquête sur les dossiers  de Ethiopian Airlines, de l'achat des maisons à Zango, du  hold-up à la banque BPC, du détournement d'actifs destinés à soutenir les victimes de la sécheresse à Cunene (dans ce cas, le gouverneur présumé, bien qu'exonéré, était  récompensé  par un billet  retour à l'Assemblée nationale), un siège qui devrait être  occupé par une personne sérieuse et responsable. Mais les camarades du Mpla en ont décidé autrement suivant leur code de conduite et d'éthique. Un code qui protège les intérêts de leur groupe.
À la fin de cette législature (2017-2022) assistera-t-on à un véritable réveil de la justice en Angola?  Tous ceux qui ont maille à partir avec la justice  se cachent derrière les immunités pour justifier leur statut.  En sera-t-il de même quand ce privilège aura pris fin? Wait and see.

Sobamasoba, l'analyse politique qui informe. 

Eduardo M.Scotty

mardi 21 juillet 2020

Entre le Général Lourenço et le Mpla, un mariage de raison?

Quittera? Ne quittera pas? “ Méfiez-vous des apparences” nous recommandent  les sages. "Elles sont souvent trompeuses". Vu de l’intérieur, le Mpla, parti au pouvoir en Angola depuis 1975, projette l'image d'une  organisation politique solidement stable, mais à y regarder de près, c'est un géant aux pieds d'argile qui tremble sur ses bases. Selon des confidences recueillies auprès des personnes très introduites au sein du Mpla, le Général Lourenço aurait la ferme intention (!) de créer son propre parti et d'abandonner le Mpla en 2022, imitant Jair Bolsonaro, le président du Brésil. Normalement cela ne peut pas surprendre.  Vu le contexte, dans un monde lucide et cohérent, dans des organisations sérieuses et engagées pour leur propre avenir et leur progrès organisationnel, João Lourenço ne serait jamais président du MPLA. C'est José Eduardo dos Santos qui a commis la pire erreur de l'histoire de ce parti en le plaçant  à la présidence du MPLA. Le Général Lourenço, appelé affectueusement Deng par ses hommes, est un dirigeant politique qui, pour des raisons très personnelles que l’opinion publique ignore, ne reconnaîtra jamais les efforts fournis par José Eduardo dos Santos pour assurer au Mpla la stabilité qu'il a connu depuis 1979. Trente-huit ans (38) après, le Mpla garde-t-il encore toute son unité intérieure? Apparemment non. Aujourd’hui, il se murmure à Luanda dans le camp des "eduardistes" que tous les problèmes de santé que connait José Eduardo dos Santos depuis 2017, sont dus à la persécution que ses enfants subissent de la part du Général Lourenço. Il est urgent, pensent ces proches de Jes, que le MPLA  corrige dans les plus brefs délais cette grande erreur de José Eduardo dos Santos et renvoie João Lourenço devant les instances du Parti. Le MPLA est une organisation laïque qui a traversé des moments difficiles. Selon ces mêmes "eduardistes" animateurs du parti dans les “musseques”, João Lourenço est une mauvaise pierre placée au mauvais endroit. "João Lourenço ne serait jamais le président du MPLA n’eut été l’erreur commise par José Eduardo dos Santos qui l’a mis à sa place pour diriger le MPLA, contre la volonté des anciens du parti". Il est clair que le MPLA ne voulait pas de João Lourenço, c'est José Eduardo dos Santos qui a insisté pour qu’il soit accepté. Beaucoup à Luanda parlent de l’ingratitude  qui caractérise le Général Lourenço.  Il aurait reçu le pouvoir sur un plateau, sans avoir remporté les élections de 2017. José Eduardo dos Santos a mis sa machine électorale frauduleuse à son service afin qu'il le remplace, investi de tous les pouvoirs. Le Général n'a remporté aucune élection, c'est la machine Eduardo dos Santos (MPLA) qui l’a mis gracieusement au pouvoir. Son acharnement sur Isabel dos Santos alors que d'autres voleurs courent les rues est très mal perçu par une importante frange de l'opinion.
L’erreur commise par José Eduardo dos Santos ressemble à celle d'Henry Tendey (fantassin britannique à Wellington) qui n'a pas respecté le principe selon lequel “l'ennemi une fois, l'ennemi toujours”, et que l'ennemi ne sera jamais ami.  Pendant une journée de sang, douleur et deuil, pendant la première  guerre mondiale, un certain 28 septembre 1918, après d'intenses combats au cours desquels les Britanniques ont donné leur vie pour  la défense de leur patrie, Henry Tendey s'est comporté en héros de la bataille, sans se rendre compte de la taille de l'erreur qu'il commettait. Lorsque Henry Tendey a trouvé un soldat allemand blessé sur le terrain, à un moment où les Anglais avaient déjà remporté la bataille, près du village français de Marcoing, Tendey a joué un rôle héroïque  en sauvant  le caporal allemand blessé Adolf Hitler. Plus tard, Tendey a regretté qu'il n'ait pas tué le soldat allemand blessé. Le caporal qu'il a épargné, à l'époque, était le chef de la guerre allemande "Adolf Hitler".
Ici, je tiens à révéler l'esprit égoïste et parfois revanchard de nos dirigeants. Beaucoup d'entre eux trouvent dans l'ingratitude une autre manière d'exprimer et d'assouvir leurs instincts bestiaux. Ils  deviennent parfois insupportables au sein des organisations qu'ils dirigent. L'hostilité qu'ils développent vis-à-vis de leurs administrés provoque des allergies parce qu'ils sont incapables de réunir un consensus autour de leurs idées.  Ainsi, ils deviennent des éléments toxiques capables d'anéantir le succès des organisations qu'ils dirigent. Durant leur mandature, ce type de dirigeants cherchent à se venger de leurs prédécesseurs pour des futilités commises dans une autre vie. José Eduardo dos Santos ne serait-il pas en train de payer une erreur commise dans une autre vie? Si non pourquoi cet acharnement particulier sur lui et sa progéniture? C'est vrai que Isabel dos Santos a beaucoup de choses à se reprocher. Mais est-elle la seule à avoir commis ce qu'on lui reproche? Unitel, Movicel, la chaine des alimentations Kandadu, des unités économiques qui participent à l'emploi des Angolais, cela ne nous dit rien?

Sobamasoba, l'analyse politique qui informe. 

Source: angola24horas 






vendredi 10 juillet 2020

Avec Le Général Lourenço, rien ne va.

La situation sociale en Angola est catastrophique. Les populations éprouvent beaucoup de difficultés à pouvoir vivre décemment. L'arrivée du Général Lourenço au pouvoir n'a rien apporter de mieux au quotidien du citoyen angolais. La chute du prix du baril de pétrole et l'endettement excessif du pays ont plutôt compliqué une situation qui n'était pas agréable à vivre. Les mesures prises pour rapatrier l'argent volé par certains caciques du Mpla et planqué dans des paradis fiscaux n'ont donné les résultats escomptés. Au contraire, ces mesures ont provoqué au sein du Mpla un climat de défiance. Si des élections étaient organisées en ce moment, en toute transparence en Angola, le Mpla, malgré toutes les gesticulations du pouvoir en place, aurait d'énormes difficultés à les gagner. Pour cause, depuis le 23 septembre 2017, date à laquelle le Général Lourenço a accedé au pouvoir, sous sa bannière de la lutte contre la corruption, l’opinion observe qu’en plus de deux ans le pays reste embourbé dans les décombres de l'ancien régime, un régime auquel il a toujours appartenu, un régime de corruption. Son apparente bonne volonté n'a rien changé. La jeunesse attend toujours les 500.000 emplois promis. 
Aussi curieux que cela puisse paraitre, l'Angola, selon certains observateurs,  n'est pas encore sorti de la corruption, pas même de la dictature qui font l'ADN du pouvoir du MPLA. Le rêve des jeunes angolais, qui par la force des circonstances font du taxi-moto ou vendent des cartes de recharge Unitel/Movicel, est resté juste un rêve. La mauvaise qualité de l'enseignement et le chômage endémique ont fini par les désillusionner. Ils commencent à se demander si l'Angola changera un jour pour le mieux. Pire encore, la lutte contre la corruption que le régime brandit quotidiennement pour calmer les esprits faibles ne sert finalement qu'à punir les menus fretins d'hier et d'aujourd'hui, tandis que les gros requins et les baleines, barons du régime, continuent de se la couler douce, manifestant dernièrement sans vergogne leur intention d'acheter, dans le cadre d'une éventuelle privatisation, Sonangol, et de devenir les "propriétaires" du pays. La Sonangol, cette vache à lait de l'Angola,  risque de devenir une entreprise privée et cesser d'être un bien du peuple angolais. Ce sont ces mêmes “marimbondos” (félons) qui s'apprêtent à tout acheter, mais alors tout, et veulent laisser le pays sans actions financières. Cela conduira inexorablement à l’esclavage du peuple par ses propres dirigeants. Et dans cette structure de pouvoir de type monarchique, comme c'est réellement le cas en Angola d'aujourd'hui, les camarades du Mpla ont l'intention de transformer l'Angola en une propriété privée. Alors dans tout ça se demande-t-on, quelle est la place qu'occupent ceux qui pensent différemment? Je rappelle ici que ceux qui sont complices d'un passé de corruption sont les mêmes qui sont aux commandes dans le pays. Lorsque des messieurs avec des procédures judiciaires au Portugal, des sieurs pour lesquels la justice angolaise avait promis un jugement en Angola, se retrouvent aujourd'hui totalement libres, il y a vraiment de quoi se poser des questions. Bien que, par définition constitutionnelle, João Lourenço soit le sommet de la pyramide d'une République, il jouit en pratique d'attributs identiques à ceux d'un monarque des régimes historiques:«Je suis l'État, proclamait le roi Louis XIV de France». Il vous souviendra qu'en Angola le parlement angolais n'a pas le droit d'interpeller les ministres de João Lourenço. À l'image de Deng Ciao Ping, auquel il s'identifie, il est le centre de tout. Rien ne se fait sans son consentement. Lorsqu'il nomme quelqu'un à un portefeuille ministériel, et cela arrive presque tous les mois, il agit comme s'il lui accordait une faveur. Les règles de choix sont dictées par des critères de relation personnelle, d'amitié et aussi par des liens de fidélité au parti et aux groupes pro-Lourencistes, et jamais par des critères de mérite, de carrière professionnelle, de compétence individuelle et autres qualités qui caractérisent chaque individu à être nommé. Le général Lourenço ne marche-t-il pas finalement sur les traces de son prédécesseur? Il ne peut rien faire de différent, c'est dans l'ADN du Mpla.
Depuis que le général est au pouvoir, les médias angolais l'ont ménagé pour ne pas porter atteinte à sa crédibilité et gêner ses actions politiques. Mais au fil des mois, la lumière au bout du tunnel social des Angolais s'éloigne de plus en plus. Et cela commence à fatiguer le peuple qui émet des signes d'impatience. On entend dans la rue des réflexions comme: "les habitudes et les magouilles sont restées les mêmes que par le passé". La corruption est-elle devenue un art? 
Sobamasoba, l'analyse politique qui informe. 

Source: angola24horas

dimanche 21 juin 2020

Vanité des vanités, tout est vanité.

Une fois n'est pas coutume. La précarité de la situation sociale des Angolais  me  conduit  aujourd'hui à me pencher sur le modèle de vie d'une dame. Ce n'est pas n'importe quelle dame, c'est la Première dame de l'Angola. Vous conviendrez avec moi que l'exercice  auquel je m'apprête  demande  beaucoup de tact. Il me revient donc de bien fixer les limites entre  la vie  privée et la vie publique de la dame même si, dans sa position, la frontière  entre les deux est pratiquement inexistante.  
Ana Dias Lourenço, épouse du président angolais, Joâo Lourenço, est une personne pour laquelle les Angolais ont beaucoup de respect. Plusieurs fois ministre, Ana Lourenço, a su démontrer  pendant plusieurs années combien une femme peut honnêtement servir son pays sans tomber dans la vanité. C'est cette image que les Angolais ont toujours eu de cette femme politique à l'allure modeste. Mais, deux ans après l'arrivée de son mari au pouvoir, cette image est-elle toujours celle de cette femme-là, discrète et humble?  
À cette question, les avis sont partagés. Quiconque pense encore  aujourd'hui qu'Ana Dias Lourenço, actuelle première dame en Angola, est plus humble qu'Ana Paula dos Santos, ex-épouse de Dos Santos, dans sa façon de croquer la vie, a tort. Pourtant, tous ceux qui connaissent  Ana Paula sont unanimes à témoigner de son extravagance en matière de dépenses financières.  
Selon des sources proches de la première dame, Ana Dias est devenue extrêmement vaniteuse et exigeante. Dans ses choix pour les services liés à ses besoins personnels, son entourage constate qu'elle  a une préférence pour les services fournis par des professionnels de nationalité étrangère.
Pour divers services qui touchent directement à sa personne, les besoins de l'épouse de João Lourenço sont servis, par exemple pour les cheveux, par un coiffeur brésilien, son maquilleur est un nigérian, son massothérapeute, un philippin, le dentiste est brésilien, les cuisiniers sont portugais et français, les médecins américain et portugais. Tout ceci  ressemble à s'y méprendre aux  habitudes des riches des monarchies du Moyen-Orient. 
Côté shopping, ses endroits préférés sont New York et Paris, mais aussi Lisbonne et Rio de Janeiro. À New York, ses magasins préférés sont sur la glamour Fifth Avenue. La première dame a déjà acheté des bijoux dans l'emblématique bijouterie Tiffany, dans la boutique Gucci située à Trump Tower et Bergdorf Goodman.
À Paris, les magasins préférés de la première dame sont situés sur la prestigieuse avenue des Champs-Élysées, connue pour ses magasins de luxe
Dans la ville des lumières, la première dame d'Angola ne se prive pas de se faire remarquer chez Louis Vuitton, Cartier, Prada et Versace. À Lisbonne, la première dame d'Angola a été vue faire du shopping dans les magasins Carolina Herrera, et dans le magasin de sa marque préférée Max Mara.
Max Mara est une marque italienne dédiée aux femmes qui aiment se sentir à l'aise, sans renoncer à un look sophistiqué et élégant.
 Loin de moi l'idée de souhaiter que la première dame se promène  dans les rues de Luanda vêtue des haillons, pieds nus et les cheveux pleins de poussière. Mais, quand on a pour mari  un président qui s'est engagé à lutter contre la corruption, moins d'extravagance... sinon le discours du mari est à l'opposé de la légèreté de sa femme. Dans l'alternance politique qu'a connu l'Angola, a-t-on déshabillé saint Pierre pour habiller Saint Paul?  Vanité des vanités, tout est vanité.

Sobamasoba, l'analyse politique qui informe. 

Source: angola24horas

mercredi 10 juin 2020

Bornito de Sousa, un vice-président pour faire quoi?

Dans l'histoire politique angolaise, personne n'a accédé à un poste aussi élevé, et vécu en détention, comme c'est le cas avec le vice-président angolais Bornito de Sousa. Si nous regardons autour de nous, nous ne trouverons probablement personne qui soit si proche de la lumière, mais qui, en même temps, reste dans l’obscurité la plus totale. Cela rappelle ce que les Mexicains, empêchés d’entrer aux États-Unis comme ils voudraient, disent de leurs voisins du Sud  à propos de l’Amérique, "lejos de Dios"! (Ils sont loin de Dieu).  
Quand José Eduardo dos Santos a fait de Fernando Piedade «Nandó» son premier ministre,  ce dernier a connu aussi cette inédite situation. D'un premier ministre "décoratif", il n'est devenu fonctionnel  que quand  José Eduardo dos Santos a bien voulu lui donner  un peu de travail. Pendant tout ce temps,  Nandó se morfondait en s'imaginant un travail imaginaire, mais c'était quand même du travail. Par exemple, lors des Jeux Olympiques d'Athènes, il y est resté plus longtemps que son patron ne l'aurait souhaité sans aucune remontrance de son chef. On dirait qu'il n'existait pas. José Eduardo dos Santos avait la même attitude envers Paulo Kassoma et Manuel Vicente, qui ont été premier ministre et vice-président. 
 Aux États-Unis, Donald Trump, l'omniprésent président des États-Unis, a beaucoup confié à son vice-président, Mike Pence. C'est à lui que le président a confié la tâche de diriger le groupe de travail sur le COVID-19. 
Les deux fois où il l'a eu comme Premier ministre, Vladimir Poutine, un autre qui occupe tout l'espace en Russie, a donné une certaine latitude à Dmitri Medvedev. Le cas de Bornito de Sousa est différent et unique. Le vice-président est un cas qui mérite d'être étudié. Quiconque se consacre à écrire l'histoire du mandat du président João Lourenço devra voir Bornito de Sousa, non seulement comme un cas, mais déjà comme un coucher de soleil. Malgré l'immensité  des problèmes que connaît l'Angola, Bornito de Sousa n'est chargé absolument de rien pour s'occuper. Aujourd'hui, il traverse sa troisième phase de confinement. La première a commencé avec son arrivée à la vice-présidence. Après une année de farniente et d'ostracisme, frustré, il a informé quelques uns de ses amis influents qu'il ne voulait pas faire partie du ticket électoral pour un second mandat. À João Lourenço, qui ne l'a certainement pas en tête pour les prochaines élections présidentielles, a  été épargné la peine de devoir  dire à Bornito de Sousa (en face), qu'il doit penser à une autre vie après la fin de ce mandat
La deuxième phase du confinement, peut-être la plus humiliante, a eu lieu lorsque le PR a nommé Carolina Cerqueira ministre d'État chargée de l'espace social. Cette promotion a sapé l'idée, qui a même beaucoup de sens, que le vice-président pouvait être en charge de ce domaine. Pour s'occuper, Bornito de Sousa, l'un des premiers politiciens à rejoindre les réseaux sociaux, avait déjà transformé l'interaction avec les internautes en une occupation «à plein temps». Il n'y avait littéralement rien à faire. C'est alors, pour se rendre un peu utile, qu'il a publié le tweet "malheureux" sur la naissance du prince Archi Harrison, fils du prince Harry et de Megan Markle, duc et duchesse de Sussex. Ce tweet est devenu un sujet de moquerie.  
Personne ne peut, après avoir occuper d'importantes fonctions dans le pays, cesser d'être utile, surtout après avoir atteint, certainement au prix de grands sacrifices, le deuxième poste de magistrat suprême du pays. C'est alors que se pose la question de relation entre le vice et son patron. 
Il se trouve que dans la relation entre João Lourenço et Bornito de Sousa, il y a toujours eu de nombreuses zones d'ombre. Il est de notoriété  publique qu'entre eux il y avait - ou il y a toujours - de vieux  contentieux. En tant que chef du groupe parlementaire du MPLA, Bornito de Sousa avait fait part au secrétaire général du Mpla, João Lourenço, de la "fête" qui avait eu lieu autour de l'exclusion de Marcelino Moco, Lopo de Nascimento et França Van-Dúnem, du congrès de 2008. Et à ce congrès, l'image de João Lourenço fut esquintée sous le regard silencieux de Bornito de Sousa. Or tout le monde sait que ce n'est pas João Lourenço qui a choisi Bornito de Sousa pour occuper le poste de vice-président. Bornito de Sousa lui a été imposé par José Eduardo dos Santos à l'époque propriétaire et maître de tout. José Eduardo dos Santos croyait que, placé à la vice-présidence de la République, Bornito de Sousa serait son homme. Probablement, il s'attendait à ce que Bornito joue avec João Lourenço le rôle de casse-pieds, gêneur.
Seulement, João Lourenço n'a eu aucune difficulté à coincer Bornito de Sousa. Mais pour le bien du peuple et la gestion de chose publique, le bon sens n'aurait-il pas été de mieux utiliser l'expérience du vice-président?  Était-il sensé de le "désactiver"? Le président de la République ne gagnerait-il pas beaucoup plus s'il associait, dans l'élaboration  de ses décisions, une personne portant le cachet de Bornito de Sousa? Bornito de Sousa a été président de la Commission constitutionnelle qui a produit la Constitution actuellement en vigueur dans le pays; il a été chef du groupe parlementaire du MPLA et ministre de l'administration du territoire. Est-ce qu'une personne avec une telle expérience peut être rejetée?
Il y a quelques jours, João Lourenço a créé une commission de révision des manuels scolaires. Ce fut une bonne occasion pour João Lourenço de donner du travail au vice-président de la République, encore moins de donner une plus grande dignité institutionnelle à cette commission. Mais, montrant une fois de plus qu'il n'a pas besoin de son adjoint, João Lourenço a confié la coordination de la commission à Carolina Cerqueira. Ce qui montre à suffisance que le président de la République mélange de l'ail avec des gousses. À terme nous pouvons conclure que João Lourenço laisse sa colère et sa rancune personnelles interférer dans la relation institutionnelle. Bornito de Sousa ne fait certainement pas l'unanimité nationale. Mais on ne peut pas lui reprocher d'être un crack en portugais.  Pour cette raison, la coordination de la commission chargée de la révision des manuels scolaires, généralement pleine d'erreurs portugaises, conviendrait à Bornito de Sousa comme un gant. Et vous, pensez-vous que l'Angola a besoin d'un vice-président? 

Sobamasoba, l'analyse politique qui informe. 

Source: angonoticias. 


mardi 26 mai 2020

La CHINE généreuse et rusée ?

Dans une de mes dernières publications, la dette extérieure de l'Angola était le sujet que j'avais choisi pour partager avec vous. Ce sujet qui parait peut-être anodin à vos yeux concerne plusieurs générations d'Angolais. Les parents aujourd'hui, par leurs impôts, payent la dette, leurs enfants payeront et les enfants de leurs enfants continueront à payer. Il est donc légitime que les Angolais sachent de quelle manière leur gouvernement gère les emprunts contractés auprès des créanciers étrangers. Aujourd'hui,  la dette de l'Angola envers la Chine, un tabou, revient à la surface avec des informations non officielles indiquant que le gouvernement de João Lourenço pourrait livrer, pour rembourser sa dette, une grande quantité de pétrole à la Chine en raison du manque de réserves suffisantes capables d'assurer le paiement. L'Angola a bénéficié de plusieurs lignes de crédits.
Le montant réel du découvert angolais envers les Chinois est une autre question que se posent les citoyens dans certains milieux à Luanda. Le manque de transparence du gouvernement dans la résolution de ce problème soulève aussi d'autres interrogations. Les informations diffusées par des responsables du Mpla indiquent une dette envers la Chine de l'ordre de 22 milliards de dollars, mais les observateurs angolais doutent de ces chiffres.
L'expert en industrie pétrolière et gazière, Artur Pedro, considère que la dette de l'Angola envers la Chine, et d'autres pays africains, n'est pas claire et remet en question le sérieux des fonctionnaires.
"Personne ne parle de cette dette envers la Chine de manière concise et transparente. Et par manque de transparence, le problème devient un casse-tête", déplore Artur Pedro, pour qui cela rend difficile de prévoir tout type d'accord.
Pour sa part, l'économiste Filomeno Vieira Lopes estime qu'en raison de l'opacité qui entoure le sujet et compte tenu de la manière dont ce dossier est traité, l'hypothèse selon laquelle l'Angola pourrait céder une partie de son actif stratégique pour alléger la dette qu'il a auprès du géant asiatique ne peut être écartée. 
«Au Mozambique, par exemple, les Chinois ont déjà commencé à s'approprier les terres en raison du volume de la dette. Dans d'autres parties de l'Afrique, les Chinois ont également repris la gestion de certains sites stratégiques importants comme les ports. En Angola, la tendance sera de céder une partie du patrimoine ", prévient Vieira Lopes, qui regrette le manque d'informations pouvant accompagner le processus de remboursement car "le gouvernement utilise de moyens fantasques et habiles dans le but de préserver les intérêts de ses membres ".
José Severino, président de l'Association industrielle d'Angola, a une opinion plus réservée. Il ne croit pas que l'exécutif puisse renoncer à sa souveraineté. José Severino affirme: "un haut dirigeant d'entreprise chinois est détenu en Chine pour corruption et, pour cette raison, en Angola, on a la présomption qu'une grande partie de la dette angolaise est infectée de vices et ne doit pas seulement être certifiée en interne".
Severino ajoute que "le gouvernement est calme, et les entrepreneurs ne sont pas d'accord pour céder une quelconque partie du patrimoine ou quelques actifs physiques aux créanciers (les banques) et non au gouvernement chinois".
Début 2019, un rapport du Centre d'études et de recherche scientifique (CEIC) de l'Université catholique d'Angola a révélé que la dette de l'Angola envers la Chine est passée de 23,2 milliards de dollars en 2017 à 22,8 milliards à la fin du premier trimestre de l'année dernière.
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Source: angonoticias