mercredi 7 octobre 2020

Général Lourenço, 3 ans après : un bilan en demi-teinte.

Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. À l'époque de José Eduardo dos Santos, la corruption était élévée au niveau d'une institution. Comment en sommes-nous arrivés là? C'est la théorie de "l'Accumulation primitive du capital", mal comprise et mal appliquée par les dirigeants du Mpla, qui nous a conduit à cette catastrophe. Sous Eduardo dos Santos, cette fameuse théorie s'est apparentée à un pillage sauvage des fonds publics du pays. Nous avons assisté, abassourdis, au déferlement d'une puissante lame sur les fonds de l'État. Une lame qui a emporté presque tout sur son passage. Parmi ceux qui ont profité de ce déferlement, il y a beaucoup de généraux de l'armée angolaise, tous membres du Mpla. Et comme il est souvent difficile de scier la branche sur laquelle on est assis, le Général président, malgré son apparente bonne volonté et sa légitime intention de récupérer les fonds cachés dans des banques étrangères, n'arrive pas à defaire le noeud de la corde qui étrangle le Mpla.  Qu'à cela ne tienne.   

27/09/2017 - 27/09/2020, à deux ans de la fin de son mandat, le bon sens nous recommande de faire un bilan. D'autres observateurs avisés ont déjà eu à publier récemment un inventaire global des trois ans de João Lourenço. Mais l’opinion publique attend que JLo, dans son discours sur l'état de la Nation, fixe définitivement les Angolais sur les resultats obtenus au bout de trois années de pouvoir, très précisément ceux sur la lutte contre la corruption.

La société civile comme l’opposition politique pensent, elles aussi, qu’il est temps d'évaluer les résultats de la politique de lutte contre la corruption, qui a été déclarée comme un objectif fondamental par le Président de la République. De l'avis de certains Angolais, ce bilan est à la fois positif et négatif. C'est positif car il a en fait lancé une politique étatique de lutte contre la corruption. Il y a quatre ans, il aurait été impensable, celui qui émet un doute à ce sujet peut être considéré comme quelqu’un souffrant de folie profonde, que l’État confisque à Isabel dos Santos ses entreprises et que cette dernière soit au centre d'une affaire pénale; que José Filomeno dos Santos ait été condamné à cinq ans de prison, et le gendre d'Agostinho Neto, Sâo Vicente, soit détenu, ou qu'Augusto Tomás ait écopé d’une peine de prison effective. Dans le même temps, des enquêtes criminelles sont ouvertes quotidiennement sur les activités de corruption les plus diverses, de Moxico à Uige. Tout cela est nouveau. Même Kopelipa et Dino, deux généraux intouchables, sont invités pour explications au bureau du Procureur. 

Conclusion: la lutte contre la corruption est réelle. Même si apparemment les autorités veulent faire croire à l’opinion qu’elle n'est pas sélective, et qu’il y a clairement eu un changement de paradigme dans l'action judiciaire. Avant, c'était les dénonciateurs d'actes de corruption qui se retrouvaient devant les tribunaux accusés de diffamation et de calomnie. Désormais, ce sont les “dénoncés” qui commencent enfin à répondre de leurs éventuels actes. Il ne fait donc aucun doute que des changements sont en cours et que la lutte contre la corruption progresse dans la bonne direction.

Cependant, la procédure mise en place pour lutter contre ce mal n'a pas généré des résultats vraiment apparents et son application soulève des doutes sur l'efficacité des méthodes utilisées. Nos observations nous indiquent que parmi les «gros dossiers», seul Augusto Tomás est condamné à purger une peine de 8 ans. Il est effectivement le seul prisonnier incarcéré pour corruption dans les geôles de Sâo-Paulo. Oui, le seul. 

L'affaire de José Filomeno dos Santos a fait l'objet d'une décision de juridiction inférieure, étrangement trop indulgente pour la famille Santos. Quant à Isabel dos Santos, elle n'a même pas encore été accusée, et de sa base londonienne, elle s’amuse gaiement à vilipender les actions de João Lourenço. En ce qui concerne Carlos São Vicente, le bureau du procureur général (PGR) ne s’est penché sur son cas qu'après une grosse frénésie médiatique sur la facture de 900 millions. Jusque-là, il était inconnu du public et personne ne parlait de lui. N’eussent été les vociférations de son épouse, Irène Neto, un silence complice aurait entouré l’affaire. 

Sur le plan pratique, depuis le début de cette lutte contre la corruption, nous ne cessons de souligner que l’utilisation d’anciennes institutions judiciaires, mal préparées et attachées aux pratiques du passé, n’était pas une solution. La corruption en Angola, en raison de son ampleur, est un problème politique et économique, de nature systémique, qui doit être traité de manière globale. Pour le dire autrement, ce n'est pas avec un processus ici, un processus là-bas, institué par le PGR et allant devant les tribunaux ordinaires, que la corruption sera vraiment combattue. Une voie appropriée doit être mise en place, un système mondial de lutte contre la corruption, qui permet de mener des enquêtes, des poursuites et des jugements de manière intégrée, indépendante, globale et rapide. Et vous, qu'en pensez-vous?

Sobamasoba, l'analyse politique qui informe. 

Eduardo M.Scotty.  

Source: makaangola


lundi 21 septembre 2020

Élections locales: le MPLA marche au bord d'un précipice.

Le débat, au cours de ces dernières semaines, tourne autour des élections locales à organiser en Angola. Membre de CPLP (communauté des pays de langue portugaise), l’Angola est le dernier à ne pas avoir encore organisé des élections locales sur son territoire. Pour se mettre au niveau de ses partenaires de la CPLP, le Général Lourenço, à son arrivée au pouvoir, promet de corriger cette lacune en 2020. Seulement, la détermination du Général (propagande électorale ?) de doter les communes et municipalités des dirigeants élus directement par le peuple, s’est, en trois ans, graduellement désagrégé à mesure que l’image du Mpla (parti au pouvoir) était écorchée au rythme des scandales financiers. La lutte contre la corruption initiée par le Général Lourenço a mis à nu la perfidie des membres de son parti . Le peuple, dans sa majorité, a compris combien les dirigeants du Mpla, à tous les niveaux de l’administration de l’État, se servaient au lieu de servir. La direction du Mpla est arrivée à la même conclusion au vu du nombre des corrompus que compte le parti. Dans ces circonstances, organiser des élections dont on connait déjà le dénouement, est un suicide politique que le Mpla se refuse de s’infliger. Alors, à l’Assemblée nationale, c’est le blocage du vote du paquet législatif.  Le Covid19 est invoqué pour justifier l'injustifiable.   

Dans les échanges qui s'ensuivent au parlement, un député de CASA-CE  accuse le Mpla de suivre à nouveau une politique  de loyauté  aveugle  envers  son chef, exactement comme  à l'époque du président  José Eduardo dos Santos. Sur les ondes de la RNA,  le Général Lourenço a affirmé que c'est la faute de ceux qui doivent adopter les lois et qui ne l'ont pas fait, et sans lois, il est impossible de tenir les élections  locales. Comme il fallait s'y attendre, le Bureau politique du Mpla se félicite de la position de son président.

Du coté de l'opposition parlementaire, on considère qu'il y a du cynisme de la part du président car la seule personne responsable de cet imbroglio est João Lourenço lui-même et son parti. Un parlementaire proche de l'UNITA, David Mendes, a déclaré, à cet effet, qu'il ne comprenait pas comment le MPLA pouvait dire qu'il n'y aurait  pas d'élections parce que les lois n'ont pas été adoptées alors que la proposition de lois doit émaner de leur groupe. Et, curieusement, à l'Assemblée, ce sont eux qui se félicitent de la position du président de la République. Des suiveurs aveugles qui refusent de comprendre que la responsabilité directe de la non-adoption des lois soutenant les municipalités incombe au Général Lourenço lui-même. Que tristeza!

«Le Président de la république est le Chef de l'Etat et de l'Exécutif. Les propositions de lois viennent de l'exécutif. Il est donc de l'intérêt de ceux qui envoient les propositions de lois à l'Assemblée de chercher à savoir si elles sont  approuvées ou non.  Et en sa qualité de Chef de l'Etat et du Mpla, le Général Lourenço est le superviseur de tous le système qui gère le pays», a ajouté David Mendes. "Puisqu'il est le président du Mpla, pourquoi n'a-t-il pas demandé à son groupe parlementaire d'adopter ces lois?" Manque de volonté politique ou la peur de perdre la face?

Dans ce même ordre d'idées, Manuel Fernandes, du groupe parlementaire de CASA-CE,  considère qu'il existe déjà des signes de «Lourencisme» en Angola, similaires au «Eduardisme» de triste mémoire. «Parfois, les dirigeants du Mpla pensent que le peuple est toujours distrait, mais le peuple sait déjà aujourd'hui qui a le couteau et le fromage entre les mains». Le cas de Sâo Vicente, patron des Assurances AAA, époux de Irène Neto, fille de Agostinho Neto, avec 900 millions de dollars dans des comptes cachés en Suisse vient écorcher un peu plus l'image du Mpla..

Dans les pays membres de CPLP (Brésil, Portugal, Mozambique, Sâo-Tomé Principe, Timor Est, Cap-Vert) les élections locales sont ancrées dans leurs coutumes de gestion de la chose publique. Dans ces pays qui vivent cette expérience, les élections locales ont  inséré dans les rouages de l'État  des hommes et des femmes issus des partis politiques différents. C'est cette différence qui conduit les dirigeants élus à mettre en application le programme politique de leurs partis respectifs et de permettre au peuple de se faire une idée de la capacité des uns et des autres à résoudre les problèmes du peuple. Le Mpla a-t-il peur que l'on compare sa gestion avec celle des autres? 

Sobamasoba, l'analyse politique qui informe. 

Edaurdo M.Scotty



mardi 1 septembre 2020

Mentez, mentez...il en restera toujours quelque chose.

“Corriger ce qui est mal, améliorer ce qui est bien” (corrigir o que está mal, melhorar o que está bem). Ce slogan “programme” resonne  encore dans les oreilles des Angolais trois ans après l’arrivée du Général Lourenço à la tête de l’État  et du Mpla. Naïvement, peut-être pour oublier rapidement la mauvaise gestion de Dos Santos, les Angolais ont tout de suite adhéré au point de vue de leur nouveau Président de la République, décidé  à  apporter un changement dans le pays. Trois années après, quel contenu le Général Lourenço attribue-t-il concrètement à ce concept (mal/bien) lorsque  l’on est issu de la même formation politique que son prédécesseur ?  Il est de notoriété publique  que le Mpla, parti au pouvoir en Angola depuis 1975, a un programme  sur lequel reposent toutes ses actions socioéconomiques et politiques. Logiquement, s’il y a des erreurs qui ont été commises par son prédécesseur et que le nouveau président  considère  comme un "mal" qu’il se doit de corriger, peut-on sous-entendre que le programme de ce parti comporte des insuffisances ? Le prédécesseur, auteur supposé du "mal", n'a-t-il  pas été à la hauteur de la fonction? Dans ce cas, à quel niveau va s’opérer la correction promise ? Va-t-on corriger le programme  du parti ou va-t-on corriger le modus operandi ? La difficulté du Général Lourenço à expliquer concrètement à son peuple sa définition du "mal" ouvre la voie à beaucoup de spéculations. Certes, la corruption, le népotisme et l’impunité sont des maux qui gangrènent la société angolaise, mais leur éradication ne résout pas tous les problèmes que connait le pays. De l'avis de l'opinion publique, il est impératif que JLo définisse clairement le "mal" qu’il a promis de corriger. Car, le peuple angolais  a la nette impression que le combat à ce "mal" qui s’arrête à la corruption et à l’impunité est une  lutte qui ne va résoudre qu'une partie des problèmes. Les mauvaises conditions sociales, l’insuffisance des transports publics, la mauvaise qualité des soins dans les hôpitaux, la piètre qualité de l’enseignement dans les écoles angolaises et le chômage endémique que connait le pays sont d'autres maux qui méritent correction. Or, sur ce terrain-là, on n’entend pas beaucoup le gouvernement et son chef. 
"Améliorer ce qui est bien". Là aussi, l'opinion se pose la question de savoir dans quel secteur de la vie sociale des Angolais se trouve le "bien" que le Général Lourenço  promet d'améliorer. Car, de l'avis des Angolais, le seul "bien", qui pouvait retenir leur attention, aurait été l'installation de l'Homme au centre de la politique du Mpla. La valorisation de  l'ouvrier et  du paysan. Car, c'est sur ces deux catégories de travailleurs que le Mpla fondait son discours dans les années 1975 avant de se découvrir sa faiblesse pour la bourgeoisie.  
De la mémoire collective des Angolais, le Mpla est le seul parti politique angolais passé maitre dans la production des slogans. Des slogans pour endormir le peuple. "Le Mpla est le peuple, le Peuple est le Mpla"( O Mpla é o povo, o Povo é o Mpla). En tout cas, jusqu'à l'enrichissement illicite des dirigeants du Mpla par des voies connues de tous, ce slogan avait apparemment un sens pour les populations angolaises surtout celles de l'Angola profond. N'oubliez pas qu'à l'accession de l'Angola à l'indépendance, le pays comptait 90% d'analphabètes, des petites gens faciles à manipuler qui croyaient dans la sincérité des dirigeants du Mpla.  Mais quand est apparu  dans la mode de vie de ces  dirigeants  la théorie de l' ACCUMULATION PRIMITIVE DU CAPITAL de Karl Marx,  le lien sacré qui les liait au peuple s'est brisé. Des l'avis des observateurs, c'est cette  théorie qui  a consacré le divorce et a donné naissance à un nouveau  slogan: "Le Mpla n'est pas pour qui veut, mais pour qui mérite" (O Mpla nâo é para quem quer, mas para quem merece). Et comme si le coup assené à ce peuple n'était pas assez fort, le laboratoire du Mpla dans une arrogance qui commençait à prendre forme sort un autre slogan: "Quem manda, manda. Quem nâo manda, cumpre"(Qui commande, commande. Qui ne commande pas, s'exécute). Le ton de ce slogan plus incisif ouvre la porte à la consécration du Mpla/parti État. La cerise sur le gâteau c'est : "Produzir mais para melhor distribuir". (Produire plus pour mieux distribuer). Distribuer à qui? Aux dignitaires du régime?  
Durant plus de quarante ans, les Angolais vivent sous le rythme des slogans mensongers et soporifiques  du Mpla. Dans la pratique et sur le terrain, la situation socioéconomique de l'Angolais lambda est de plus en plus difficile. Trois ans après l'arrivée du Général Joâo Lourenço à la tête de l'État son slogan n'a produit aucun résultat en faveur du peuple. Les condamnations de Agusto Tómas, de Filomeno dos Santos, de Valter Filipe, de Jorge Pontes et autres, mêmes légitimes et correctives,  n'ont rien apporté au quotidien des Angolais dans les musseques. Quand on corrige ce qui est mal, c'est pour que le bien qui en découle profite à la population. Est-ce le cas? 

Sobamasoba, l'analyse politique qui informe.

Eduardo M.Scotty.      





       

mercredi 12 août 2020

José Eduardo dos Santos : l'effondrement de son noyau familial.

Le patron de la famille ayant été emmené à vivre “volontairement” en exil en Espagne (au fait, quand daignera-t-on dire aux Angolais combien  coûte au contribuable l'exil d'or de Dos Santos ? un exil qui tire ses avantages sur la loi protégeant  les anciens présidents de la République) Isabel et Tchizé, les deux filles de Dos Santos, s'évertuent  à occuper des espaces de proéminence dans la communication sociale et les réseaux sociaux, et pas toujours pour de bonnes raisons.  C'est ainsi qu'on assiste à leur présence quasi  permanente  dans les pages de la presse portugaise. C'est surtout la fille aînée de José Eduardo dos Santos qui  monte souvent  au créneau, poussée par sa mauvaise humeur, dans le but de manipuler les faits et de tordre le cou à la vérité.
Quant à Tchizé, la demi-sœur, c'est ainsi qu'Isabel se réfère à l'autre, elle est la fille de JES qui incarne le plus l'état de déni de réalité. Elle revient, pour ceux qui la connaissent, à l'actualité sur les réseaux sociaux pour les mêmes raisons que toujours : le vide qui peuple sa tête et la futilité des initiatives dans lesquelles elle est impliquée. Sur le plan des idées, domaine dans lequel  elle  éprouve des difficultés notoires, l'ancienne députée  du Mpla a bêtement suggéré une réconciliation (?)entre son père et le président João Lourenço. Ce qu'elle n'a pas dit, c'est quand, où et pourquoi Dos Santos et Joâo Lourenço se réconcilieraient. Elle a également omis de préciser s'ils parleraient tous les deux par vidéoconférence ou si son père reviendrait au pays pour un face à face avec le président de la République. 
En ce qui concerne Isabel, elle excelle dans un autre domaine. Pour la petite histoire, le 27 juillet de cette année, la fille aînée de José Eduardo dos Santos, pensant récupérer  un peu d'argent de ses avoirs, a anticipé l'assemblée générale d'Unitel (sa société de téléphonie), prévue à cette même date, pour réclamer le paiement d'une dette de 322 millions de dollars. Lorsque la première femme  millionnaire d'Afrique court derrière des "miettes", la rivière est en train de se sécher. Dans un communiqué, Isabel dos Santos a indiqué qu'au cours de l'exercice 2014, Vidatel, la société  à travers laquelle elle participe au capital d'Unitel, aurait prêté 322 millions à Unitel. 
Le même jour, l'assemblée générale d'Unitel a publié  une déclaration dans laquelle elle  conteste  avec véhémence toute  dette envers l'actionnaire Vidatel, propriété d'Isabel dos Santos. "Il n'y a pas de contrat d'approvisionnement entre l'actionnaire Vidatel et Unitel", indique le communiqué. Unitel  reconnaît toutefois qu'elle dispose de dividendes à verser à l'actionnaire Vidatel pour un montant équivalent à 136 millions d'euros, mais précise que les raisons du non-transfert de ces montants lui sont étrangères, et souligne «les restrictions de l'ordonnance de jugement no. 519/19, qui empêche Unitel d'effectuer des transferts à Vidatel ». La déclaration précise que celle qui a de l'argent pour recevoir des dettes est  Unitel elle-même, à qui l'actionnaire Vidatel doit plus de 400 millions de dollars. 
Or, dans le communiqué qu'elle publie, Isabel dos Santos ne fait aucune mention de la dette de plus de 400 millions d'euros qu'Unitel réclame à Vidatel ou de l'instrument judiciaire qui empêche l'opérateur d'effectuer tout transfert d'argent en sa faveur. C'est pourquoi, même lorsqu'elle dit finalement la vérité, qui devient de moins en moins fréquente, personne ne la prend au sérieux. Les faits persistent à montrer qu'en matière d'argent, Isabel dos Santos n'est pas et n'a jamais été une partenaire fiable.
 Très marquée par les mauvaises habitudes qu'elle porte du passé, Isabel dos Santos reste convaincue que tout ce qu'elle touche est à elle; tout ce à quoi elle pense doit lui être attribué; tout ce en quoi elle croit doit être accompli. Isabel et son mari rêvaient des bijoux suisses De Grisogono. Le père, sans hésiter, a ordonné à Sodiam de faire leur volonté; le couple voulait contrôler l'industrie du ciment du pays, le père et le a ordonné à l'État de renoncer à sa participation dans Cimangola au profit d'Isabel et de son mari. Isabel voulait posséder BFA. Le père a trouvé un moyen de forcer la Sonangol à acheter des actions de BPI et les a données à sa fille. La chère fille rêvait d'une compagnie de téléphone. Le père a forcé Sonangol à assembler et équiper Unitel et a donné une bonne partie de l'entreprise à sa fille. La chère fille rêvait d'un grand port. Le père affectueux n'a pas hésité un seul instant: il a fait don de l'espace où est projetée la construction du port de Dande. Voilà  comment l'excès d'affection et le zèle de Dos Santos ont produit une femme manipulatrice, déloyale et ennemie de la vérité. 
Pendant qu'Isabel dos Santos se noye, Tchizé, la petite sœur, s'efforce d'être un gourou en tout. Elle s'affiche  comme spécialiste en cuisine, journalisme, communication, sciences politiques et, ne soyez pas surpris, l'Étique. Oui, l'ÉTHIQUE.
De Zenu, leur frère, l'opinion publique ne retient que deux choses. L'incompétence et le goût du luxe. José Filomeno dos Santos  n'a jamais eu l'art ou l'ingéniosité de commander quoi que ce soit dans la sphère publique ou commerciale. Toutes ses initiatives se sont effondrées comme des châteaux de cartes. Banco Kwanza Invest, que lui et son ami Jean-Claude Bastos de Morais ont crée avec l'argent du Fonds souverain angolais, a ses jours  comptés. Tel que déterminé par la BNA, les dépôts ne peuvent plus être acceptés. Comme sa sœur aînée, en affaires, Zenu dos Santos est un perdant. Avec sa sœur, tous deux n'étaient des «entrepreneurs prospères» que tant qu'ils avaient un accès illimité aux sacs bleus que leur père mettait à leur disposition.
Et là à Barcelone, où il se cache depuis plus de 2 ans pour ne pas voir de ses propres yeux les résultats de sa catastrophe gouvernementale de 38 ans, José Eduardo dos Santos observe, tranquillement, l'effondrement  de sa famille. On pourrait même dire qu'il a apparemment déjà renoncé à ses obligations paternelles de surveiller et de conseiller sa progéniture. Pathétique. Son effigie a été retirée de nouvelles notes de Kwanza mises en circulation par la Banque nationale. Déchéance. 

Sobamasoba, l'analyse politique qui informe. 

Eduardo M.Scotty. 


mercredi 29 juillet 2020

Au MPLA, l' IMMUNITÉ est l'arbre qui cache la forêt.


En Angola, chaque fois que la justice se met débout pour barrer la route aux associations de malfaiteurs, les personnes suspectées, généralement des dirigeants politiques, brandissent leur IMMUNITÉ pour se soustraire de toute action judiciaire. Et devant ce bouclier, la justice se sent impuissante.  Mais en fait c'est quoi l'immunité? Pour faire simple, l'IMMUNITÉ est une prérogative accordée à une catégorie de personnes pour assurer leur protection contre les actions judiciaires pendant l'exercice de leurs fonctions. Les immunités sont souvent accordées aux chefs d'État, aux parlementaires et aux ministres de gouvernement. Dans des pays dont les gouvernements appliquent des méthodes qui s'apparentent au totalitarisme, les immunités s'appliquent aussi aux cadres du parti au pouvoir. Il est difficile ou impensable qu'un cadre du Mpla, quelle que soit la bévue commise, soit inquiété par la justice. Un seul coup de fil de la hiérarchie suffit pour stopper net une procédure judiciaire. Les cas des personnes qui ont bénéficié de ce "coup de fil" font légion. La dernière personne qui vient de bénéficier de cette largesse est le Général Higinio de Carneiro. Quant à Manuel Vicente, Helder Vieira Kopelipa, Dino Nascimento et autres généraux de la vieille garde du Mpla, l'immunité est un parapluie qui les protège de l'épée de Damoclès suspendue au-dessus de leurs têtes. Dans les quartiers à la périphérie de Luanda, à la tombée de la nuit, dans les bistrots, les conversations tournent autour de ce sujet. Cette institutionnalisation camouflée de l'impunité dérange et crée du désordre dans la tête des gens.   
Finalement, les citoyens sont fatigués de tout ce désordre créé par Mpla, et au milieu de cette confusion, la justice est devenue l'otage des politiciens qui gouvernent le pays parce que le peuple ressent et vit ces faits au quotidien. Pendant que l'immunité met à l'abri les dirigeants et cadres du parti, la population subit des nouvelles méthodes  d'extorsion conçues par des policiers véreux et des procureurs corrompus. Des procureurs qui, dans les commissariats de police,  commettent toutes sortes de barbaries et enfreignent la loi en décrétant des arrestations arbitraires  sur des dossiers mal instruits. Des juges corrompus, des avocats corrupteurs qui transforment la vie des citoyens en un véritable enfer. Et comme tous ces gens sont du Mpla, personne ne remet en question ce qui se passe, sauf à de rares exceptions près, au Parlement, certains individus, devenus des députés grâce à la bienveillance du parti au pouvoir, essayent tant bien que mal de blanchir leur image avec des déclarations élaborées dans des officines, des déclarations qui dérangent la vie quotidienne du citoyen. Et quand il y a des dossiers controversés sur la corruption de gros poissons, l'opposition, censée remettre les pendules à l'heure, se soustrait à ses responsabilités, alors qu'elle devrait normalement profiter de l'espace politique dont elle dispose pour stopper l'arbitraire commis par les gens qui gouvernent, chercher des réponses sur des enquêtes qui n’aboutissent jamais malgré les dénonciations justifiées et des faits avérés. Condamner l’attribution de grands travaux publics sans concours à des amis et membres de famille. Souvent, ces entreprises familiales qui gagnent toujours des marchés le font sans  respecter les règles de droit par des pots-de-vin aux membres du bureau du Président de la République dont le Dircab a reçu dernièrement 1 million de dollars pour faciliter l'attribution d'un marché (dénonciations provenant d'une chaîne de télévision portugaise). Devant cet attelage de protectionnisme, le peuple se moque  des prétendues  enquêtes qui peuvent être diligentées, car ces gens là sont des intouchables.  Rappelez-vous de l'enquête sur les dossiers  de Ethiopian Airlines, de l'achat des maisons à Zango, du  hold-up à la banque BPC, du détournement d'actifs destinés à soutenir les victimes de la sécheresse à Cunene (dans ce cas, le gouverneur présumé, bien qu'exonéré, était  récompensé  par un billet  retour à l'Assemblée nationale), un siège qui devrait être  occupé par une personne sérieuse et responsable. Mais les camarades du Mpla en ont décidé autrement suivant leur code de conduite et d'éthique. Un code qui protège les intérêts de leur groupe.
À la fin de cette législature (2017-2022) assistera-t-on à un véritable réveil de la justice en Angola?  Tous ceux qui ont maille à partir avec la justice  se cachent derrière les immunités pour justifier leur statut.  En sera-t-il de même quand ce privilège aura pris fin? Wait and see.

Sobamasoba, l'analyse politique qui informe. 

Eduardo M.Scotty

mardi 21 juillet 2020

Entre le Général Lourenço et le Mpla, un mariage de raison?

Quittera? Ne quittera pas? “ Méfiez-vous des apparences” nous recommandent  les sages. "Elles sont souvent trompeuses". Vu de l’intérieur, le Mpla, parti au pouvoir en Angola depuis 1975, projette l'image d'une  organisation politique solidement stable, mais à y regarder de près, c'est un géant aux pieds d'argile qui tremble sur ses bases. Selon des confidences recueillies auprès des personnes très introduites au sein du Mpla, le Général Lourenço aurait la ferme intention (!) de créer son propre parti et d'abandonner le Mpla en 2022, imitant Jair Bolsonaro, le président du Brésil. Normalement cela ne peut pas surprendre.  Vu le contexte, dans un monde lucide et cohérent, dans des organisations sérieuses et engagées pour leur propre avenir et leur progrès organisationnel, João Lourenço ne serait jamais président du MPLA. C'est José Eduardo dos Santos qui a commis la pire erreur de l'histoire de ce parti en le plaçant  à la présidence du MPLA. Le Général Lourenço, appelé affectueusement Deng par ses hommes, est un dirigeant politique qui, pour des raisons très personnelles que l’opinion publique ignore, ne reconnaîtra jamais les efforts fournis par José Eduardo dos Santos pour assurer au Mpla la stabilité qu'il a connu depuis 1979. Trente-huit ans (38) après, le Mpla garde-t-il encore toute son unité intérieure? Apparemment non. Aujourd’hui, il se murmure à Luanda dans le camp des "eduardistes" que tous les problèmes de santé que connait José Eduardo dos Santos depuis 2017, sont dus à la persécution que ses enfants subissent de la part du Général Lourenço. Il est urgent, pensent ces proches de Jes, que le MPLA  corrige dans les plus brefs délais cette grande erreur de José Eduardo dos Santos et renvoie João Lourenço devant les instances du Parti. Le MPLA est une organisation laïque qui a traversé des moments difficiles. Selon ces mêmes "eduardistes" animateurs du parti dans les “musseques”, João Lourenço est une mauvaise pierre placée au mauvais endroit. "João Lourenço ne serait jamais le président du MPLA n’eut été l’erreur commise par José Eduardo dos Santos qui l’a mis à sa place pour diriger le MPLA, contre la volonté des anciens du parti". Il est clair que le MPLA ne voulait pas de João Lourenço, c'est José Eduardo dos Santos qui a insisté pour qu’il soit accepté. Beaucoup à Luanda parlent de l’ingratitude  qui caractérise le Général Lourenço.  Il aurait reçu le pouvoir sur un plateau, sans avoir remporté les élections de 2017. José Eduardo dos Santos a mis sa machine électorale frauduleuse à son service afin qu'il le remplace, investi de tous les pouvoirs. Le Général n'a remporté aucune élection, c'est la machine Eduardo dos Santos (MPLA) qui l’a mis gracieusement au pouvoir. Son acharnement sur Isabel dos Santos alors que d'autres voleurs courent les rues est très mal perçu par une importante frange de l'opinion.
L’erreur commise par José Eduardo dos Santos ressemble à celle d'Henry Tendey (fantassin britannique à Wellington) qui n'a pas respecté le principe selon lequel “l'ennemi une fois, l'ennemi toujours”, et que l'ennemi ne sera jamais ami.  Pendant une journée de sang, douleur et deuil, pendant la première  guerre mondiale, un certain 28 septembre 1918, après d'intenses combats au cours desquels les Britanniques ont donné leur vie pour  la défense de leur patrie, Henry Tendey s'est comporté en héros de la bataille, sans se rendre compte de la taille de l'erreur qu'il commettait. Lorsque Henry Tendey a trouvé un soldat allemand blessé sur le terrain, à un moment où les Anglais avaient déjà remporté la bataille, près du village français de Marcoing, Tendey a joué un rôle héroïque  en sauvant  le caporal allemand blessé Adolf Hitler. Plus tard, Tendey a regretté qu'il n'ait pas tué le soldat allemand blessé. Le caporal qu'il a épargné, à l'époque, était le chef de la guerre allemande "Adolf Hitler".
Ici, je tiens à révéler l'esprit égoïste et parfois revanchard de nos dirigeants. Beaucoup d'entre eux trouvent dans l'ingratitude une autre manière d'exprimer et d'assouvir leurs instincts bestiaux. Ils  deviennent parfois insupportables au sein des organisations qu'ils dirigent. L'hostilité qu'ils développent vis-à-vis de leurs administrés provoque des allergies parce qu'ils sont incapables de réunir un consensus autour de leurs idées.  Ainsi, ils deviennent des éléments toxiques capables d'anéantir le succès des organisations qu'ils dirigent. Durant leur mandature, ce type de dirigeants cherchent à se venger de leurs prédécesseurs pour des futilités commises dans une autre vie. José Eduardo dos Santos ne serait-il pas en train de payer une erreur commise dans une autre vie? Si non pourquoi cet acharnement particulier sur lui et sa progéniture? C'est vrai que Isabel dos Santos a beaucoup de choses à se reprocher. Mais est-elle la seule à avoir commis ce qu'on lui reproche? Unitel, Movicel, la chaine des alimentations Kandadu, des unités économiques qui participent à l'emploi des Angolais, cela ne nous dit rien?

Sobamasoba, l'analyse politique qui informe. 

Source: angola24horas 






vendredi 10 juillet 2020

Avec Le Général Lourenço, rien ne va.

La situation sociale en Angola est catastrophique. Les populations éprouvent beaucoup de difficultés à pouvoir vivre décemment. L'arrivée du Général Lourenço au pouvoir n'a rien apporter de mieux au quotidien du citoyen angolais. La chute du prix du baril de pétrole et l'endettement excessif du pays ont plutôt compliqué une situation qui n'était pas agréable à vivre. Les mesures prises pour rapatrier l'argent volé par certains caciques du Mpla et planqué dans des paradis fiscaux n'ont donné les résultats escomptés. Au contraire, ces mesures ont provoqué au sein du Mpla un climat de défiance. Si des élections étaient organisées en ce moment, en toute transparence en Angola, le Mpla, malgré toutes les gesticulations du pouvoir en place, aurait d'énormes difficultés à les gagner. Pour cause, depuis le 23 septembre 2017, date à laquelle le Général Lourenço a accedé au pouvoir, sous sa bannière de la lutte contre la corruption, l’opinion observe qu’en plus de deux ans le pays reste embourbé dans les décombres de l'ancien régime, un régime auquel il a toujours appartenu, un régime de corruption. Son apparente bonne volonté n'a rien changé. La jeunesse attend toujours les 500.000 emplois promis. 
Aussi curieux que cela puisse paraitre, l'Angola, selon certains observateurs,  n'est pas encore sorti de la corruption, pas même de la dictature qui font l'ADN du pouvoir du MPLA. Le rêve des jeunes angolais, qui par la force des circonstances font du taxi-moto ou vendent des cartes de recharge Unitel/Movicel, est resté juste un rêve. La mauvaise qualité de l'enseignement et le chômage endémique ont fini par les désillusionner. Ils commencent à se demander si l'Angola changera un jour pour le mieux. Pire encore, la lutte contre la corruption que le régime brandit quotidiennement pour calmer les esprits faibles ne sert finalement qu'à punir les menus fretins d'hier et d'aujourd'hui, tandis que les gros requins et les baleines, barons du régime, continuent de se la couler douce, manifestant dernièrement sans vergogne leur intention d'acheter, dans le cadre d'une éventuelle privatisation, Sonangol, et de devenir les "propriétaires" du pays. La Sonangol, cette vache à lait de l'Angola,  risque de devenir une entreprise privée et cesser d'être un bien du peuple angolais. Ce sont ces mêmes “marimbondos” (félons) qui s'apprêtent à tout acheter, mais alors tout, et veulent laisser le pays sans actions financières. Cela conduira inexorablement à l’esclavage du peuple par ses propres dirigeants. Et dans cette structure de pouvoir de type monarchique, comme c'est réellement le cas en Angola d'aujourd'hui, les camarades du Mpla ont l'intention de transformer l'Angola en une propriété privée. Alors dans tout ça se demande-t-on, quelle est la place qu'occupent ceux qui pensent différemment? Je rappelle ici que ceux qui sont complices d'un passé de corruption sont les mêmes qui sont aux commandes dans le pays. Lorsque des messieurs avec des procédures judiciaires au Portugal, des sieurs pour lesquels la justice angolaise avait promis un jugement en Angola, se retrouvent aujourd'hui totalement libres, il y a vraiment de quoi se poser des questions. Bien que, par définition constitutionnelle, João Lourenço soit le sommet de la pyramide d'une République, il jouit en pratique d'attributs identiques à ceux d'un monarque des régimes historiques:«Je suis l'État, proclamait le roi Louis XIV de France». Il vous souviendra qu'en Angola le parlement angolais n'a pas le droit d'interpeller les ministres de João Lourenço. À l'image de Deng Ciao Ping, auquel il s'identifie, il est le centre de tout. Rien ne se fait sans son consentement. Lorsqu'il nomme quelqu'un à un portefeuille ministériel, et cela arrive presque tous les mois, il agit comme s'il lui accordait une faveur. Les règles de choix sont dictées par des critères de relation personnelle, d'amitié et aussi par des liens de fidélité au parti et aux groupes pro-Lourencistes, et jamais par des critères de mérite, de carrière professionnelle, de compétence individuelle et autres qualités qui caractérisent chaque individu à être nommé. Le général Lourenço ne marche-t-il pas finalement sur les traces de son prédécesseur? Il ne peut rien faire de différent, c'est dans l'ADN du Mpla.
Depuis que le général est au pouvoir, les médias angolais l'ont ménagé pour ne pas porter atteinte à sa crédibilité et gêner ses actions politiques. Mais au fil des mois, la lumière au bout du tunnel social des Angolais s'éloigne de plus en plus. Et cela commence à fatiguer le peuple qui émet des signes d'impatience. On entend dans la rue des réflexions comme: "les habitudes et les magouilles sont restées les mêmes que par le passé". La corruption est-elle devenue un art? 
Sobamasoba, l'analyse politique qui informe. 

Source: angola24horas