dimanche 14 mai 2023

GAME IS OPEN : LUTTE POUR LA SUCCESSION.


Au sommet du pouvoir en Angola, les éventuels candidats à la succession de Joâo Lourenço se bousculent déjà pour la bataille électorale de 2027. À quatre années de la fin du mandat présidentiel, on entend déjà sonner les cloches de ceux qui prétendent remplacer JLo alors que l'État se débat encore avec l'embarrassante épine des élections locales. N'est-ce pas un peu précipité? À moins que cela soit une manière de signifier au président sortant l'irrationnalité d'un troisième mandat. Quand on sait combien est élevée sa cote d'impopularité, ses chances de pouvoir se représenter s'amenuisent chaque jour un peu plus. Les résultats des élections de 2022 en témoignent. Ils ont généré une frustration même à l'intérieur de son propre parti, le Mpla. Si publiquement personne n'ose élever la voix pour dénoncer sa mauvaise gouvernance, dans les cercles restreints de vieux routiers de la politique angolaise, membres du Mpla, on commence à observer des signes d'impatience. En privé, ils  pensent, très légitimement, à une alternance en 2027. Une alternance au sein du Mpla, bien sûr. Des noms sont cités par-ci, par-là. 

Économiste de formation, ministre de Plan (1997-2012), ex-fonctionnaire à la Banque mondiale, élue députée sur la liste du Mpla en 2022, "conseillère très spéciale" du président actuel, Ana Dias Lourenço, épouse de Joâo Lourenço, est sur la liste de personnalités susceptibles de remplacer JLo à la tête de l'État angolais. Il parait que c'est Ana Dias Lourenço qui est à la base de la politique d'austérité mise en place en Angola par son président de mari. Il se murmure à Luanda que Ana Dias est la première vice-présidente du pays. L'expérience accumulée au cours des années dans différents ministères et à la Banque mondiale la place dans une position très confortable  parmi ceux qui entourent JLo. Dans ce cas,  quelles sont ses chances? Énormes. Rappelez-vous qu'au dernier congrès du Mpla, le comité central du parti a été exagérément élargi. Dans quel but? Dois-je vous dire que c'est le comité central qui choisit la "tête de liste" du parti aux élections? Vous le saviez déjà, non? Tous ceux qui sont venus grossir les rangs de ce Comité Central sont redevables à celui qui les a nommés. Je vous laisse deviner le reste.

Ancien général des Forces armées angolaises (FAA), ancien gouverneur  de Luanda, Kuanza-sul, Kuando-Kubango, membre du BP du Mpla, ancien ministre des travaux public, actuellement député du Mpla à l'Assemblée nationale, Higinio Carneiro est le caillou dans la chaussure de JLo. Dès le début du second mandat, il s'est prononcé le premier pour annoncer sa candidature à la tête du parti et de l'État en 2027. Même si le gros dossier judiciaire qu'il  traine (corruption et détournement de fonds publics) ne plaide sincèrement pas en sa faveur, Il croit pouvoir renverser la situation. Higinio Carneiro est quelqu'un qui sait rebondir et qui a des arguments capables de faire plier certaines personnes au sein du Mpla. Surnommé 4x4, il paraît  qu'il impose le respect autour de lui. Un corrompu peut-il imposer le respect? On aura tout vu. 

Eugenio Cesar Laborinho, ancien gouverneur de Cabinda et actuel ministre de l'Intérieur, plus connu pour ses méthodes répressives contre les manifestants, exprime lui aussi l'intention de remplacer son ami Joâo Lourenço à la tête du parti (Mpla) et de l'État le moment venu. A-t-il suffisamment de souffle dans cette course vers la Cidade Alta quand on connait le poids de ACJ? 

Voila à quoi nous devons nous attendre en 2027. La liste ne s'arrête pas là. D'autres viendront certainement  s'ajouter, donnant l'impression que, pour l'Angola, le Mpla est un choix divin. Le Mpla ou rien. N'ont-ils pas tiré une leçon des élections de 2022. C'est à se demander si Job Capapinha n'a-t-il pas raison quand il affirme :  le Mpla ne quittera jamais le pouvoir par les élections. On dirait que tout est planifié pour qu'il y demeure éternellement. Parlez-en.

Eduardo M. Scotty.


        





















dimanche 30 avril 2023

AUTOCRATIE, DICTATURE : ET SI C'ÉTAIT DANS L'ADN DU MPLA ?

Dans un pays, quel qu'il soit, la concentration de tous les pouvoirs entre les mains d'un individu ou d'un parti politique est définie comme une dictature. Et, la personne qui, après avoir été placé à la tête de l'État  exerce ce pouvoir sans contrôle, est un dictateur. Je ne vous apprends rien de nouveau à ce sujet. Cependant, ces deux définitions nous conduisent à la question de savoir : en Angola, sommes-nous en présence d'un régime  dictatorial ou démocratique? Job Capapinha, le gouverneur du Kuanza-Sud, a fixé l'opinion sur le sujet.  

Pour tous ceux qui ont un lien  particulier avec le Mpla, il leur est difficile de considérer le régime en place à Luanda comme une dictature puisqu'ils bénéficient de la manne distribuée  par le pouvoir. Pour les autres, leur lecture de la gestion de la chose publique est plus objective. Élu par le peuple pour gérer le pays, tout dirigeant est redevable à ce même peuple. Cette manière qui consiste à ignorer les aspirations du peuple  est une entorse au pacte républicain conclu avec la population. L'utilisation de l'armée, de la police et des services des renseignements pour réprimer brutalement toute revendication  de ce même peuple participe à la consolidation des assises de la dictature. La date du 27 mai 1977 est encore fraiche dans la mémoire collective des Angolais. Des centaines de morts. Et depuis, c'est un long chemin dans une pénible marche vers l'inconnu.   

Les quarante-deux années au pouvoir de  Agostinho Neto et de José Edaurdo dos Santos, bien qu'elles semblent éloignées, ont été les prémices d'un régime politique dont les Angolais regretent aujourd'hui d'avoir soutenu. Que l'actuel président marche sur les pas de ces prédécesseurs, cela ne surprend personne. Ce qui surprend c'est la cruauté avec laquelle les agents de sa police politique  opèrent dans le pays , obéissant aux ordres supérieurs, au vu et su de tout le monde.  Pour preuve: L'augmentation vertigineuse du nombre de jeunes jetés en prison pour avoir participé à une manifestation. Ceux qui arrivent à passer miraculeusement entre les mailles du filet du SIC sont quittent le pays par peur des répresailles. On se croirait à Cuba dans les années 60-80. Quid alors des propos tenus au début du premier mandat par l'actuel président, garantissant les libertés des citoyens? N'était-ce que de la poudre aux yeux?  Que d'espoir placé en lui. Un espoir qui n'a duré que deux ans au bout desquels l'homme a  tourné casaque. Des menaces en interne, au sein de son parti, ont calmé ses ardeurs. Toute tentative d'améliorer  ce qui était mal (son slogan de campagne) s'est  vue  systématiquement obstruée. Des obstructions qui ont généré l'impopularité dont souffre aujourd'hui le Mpla. Regardez comment le pouvoir judiciaire est en crise. La manière dont l'ancien  Procureur général de la République est reconduit dans ses fonctions est un vrai scandale. Comme à Cuba, les caciques du régime, embourbés dans les affaires de corruption, ont eu le dernier mot. Vouloir remettre en question leurs acquits sociaux et financiers, c'est signer leur arrêt de mort.  Ce groupe de gens venus d'ailleurs, pour la plupart d'origine angolaise douteuse, ont pris en otage tout un pays.  Pour se protéger de toute incursion, rappelez-vous de leur slogan  : " o Mpla nâo é para quem quer, é para quem merece". Tout est dit. L'équipe  est au complet,  et l'adhésion réservée exclusivement à une certaine catégorie de gens. Et quelle catégorie? Celle des créoles et leurs laquais disposés à soutenir, entretenir et lutter pour la pérennité de la dictature. Le jeune GANGSTA, un jeune activiste angolais, est aujourd'hui en fuite victime de ces créoles qui pensent que l'Angola est leur propriété. Savez-vous ce qui est arrivé au jeune NITO ALVES? Dans quelle prison se trouve TENAICE NEUTRO? Qu'on ne vous trompe pas, la présence dans le pays de plusieurs partis politiques et l'organisation périodique des élections n'est pas un gage de la démocratie. Ce sont les majorités parlementaires fabriquées par les dictateurs qui protègent aujourd'hui les régimes autocratiques. Neto, Dos Santos, Lourenço, c'est de la farine du même sac.  Chassez le naturel, il revient au galop. 

Parlons-en.  Si nous n'en parlons pas, qui en parlera à notre place? Angola é para nós todos. 

Sobamasoba. 













       

samedi 8 avril 2023

"FICA EM CASA" ou "VILLE MORTE" : LA POLICE EST RESTÉE SUR SA FAIM.

Quelque soit la hauteur d'une montagne, il y a toujours un chemin pour arriver au sommet. Aucune  pierre ne peut rester au dessus d'une autre éternellement. Un jour, elle finit par tomber. Dans l'histoire des peuples, à travers le temps, des réflexions de ce genre se sont avérées justes. Les soulèvements  populaires sur le vieux continent,  la chute des  puissances coloniales sur le continent africain,  les printemps arabes,  sont des manifestations qui corroborent l'exactitude de ces réflexions. Pourtant, il existe encore  des gens qui ne croient pas à l'effectivité de cette profonde sagesse. Il y a un temps pour tout. Les régimes politiques qui ont voulu s'éterniser au pouvoir ont fini par tomber un jour. Le contraire ne s'est jamais vérifié. Tout a une fin. À mi-parcours de son deuxième mandat, le Général Joâo Lourenço, en Angola, se trouve exactement dans la même situation. Sa majorité relative à l'Assemblée nationale ne lui laisse pas assez de marge de manoeuvre. Le Mpla dont il est aussi le président se trouve  à un croisement de chemins. La crise interne au sein du Mpla ne présage rien de bon. La montée en puissance des activistes en Angola et dans la diaspora est un indicateur sérieux de l'échec des politiques publiques du Mpla. Pour la première fois dans l'histoire du pays, les Angolais ont massivement participé dans plusieurs villes à une "ville morte". Pendant une journée, tout s'est pratiquement arrêté. C'est un message très fort en direction du pouvoir à Luanda. Et, le message a été très bien reçu. Pour preuve: La convocation adressée par  JLo aux anciens de son parti au lendemain de la "ville morte. Sans filtre les vieux dinosaures du Mpla ont fait part de leurs inquiétudes au président Lourenço. Il les a écouté, mais les a-t-il entendu? Le peuple est fatigué des promesses.  Le Mpla est devenu un parti politique sans boussole.  Joâo Lourenço ignore-t-il les problèmes auxquels est confronté la population angolaise?  Malgré la présence à ses cotés d'un Conseil de la république, d'un Conseil économique et social, et aujourd'hui d'un Conseil des anciens du parti, Joâo Lourenço est-il capable de trouver des solutions au mal angolais? Le bruit des casseroles entendu à Luanda est-il un signe précurseur du changement? 

Toutes ces questions font ressurgir dans le débat la nécessité d'une révision constitutionnelle. Une vraie. Une modification qui doit nous conduire d'abord  au changement  du mode d'élection du Chef de l'État et, ensuite,  à la fin du système qui fait de la "tête de liste" du parti gagnant, un Chef de l'État de fait. Quand Joâo Lourenço consulte ses vieux camarades du parti, en quelle qualité le fait-il ? En qualité de Président de la République ou de président du Mpla? Cette  situation imposée par la constitution atypique prête à confusion.  D'ailleurs, de l'avis de l'opinion publique, le cumul de ces deux fonctions pose un problème d'arbitrage. Le Président de la République doit être un homme au- dessus de partis politiques afin que le moment venu il puisse apprécier  en toute liberté les diverses propositions émanant de la société. Or, dans ce cas précis, le Chef de l'État a quelques difficultés à dissocier les deux fonctions. Quand on sait que son parti connait une crise interne aïgue qui dure depuis le début de la lutte contre la corruption entre les "eduardistes" et les "lourencistes", la conclusion est facile à tirer. 

La chute d'un régime est l'aboutissement d'un processus qui prend ses origines dans des actes que souvent le pouvoir méprise. La "ville morte" qu'a connu le pays dernièrement est-elle la continuation de la procédure qui a commencé aux dernières élections?  Tombera-t-il aujourd'hui? Tombera-t-il demain? C'est qui est certain, est qu'il tombera. Fragilisé et vomi,   le souhait populaire est que le Mpla cède le pouvoir à un autre parti et que qu'une alternance paisible soit possible. Après un demi-siècle, le Mpla et son président ont montré leurs limites. À quand la prochaine "ville morte"? L'Angola, une poudrière comme disait Pepetela?  

Parlons-en. 






















dimanche 26 mars 2023

LES JEUNES ANGOLAIS FUIENT L' ANGOLA , POURQUOI?


Voila presque cinquante ans que le peuple  Angolais, confiant naïvement dans la capacité de ses dirigeants, attend vainement que des meilleures conditions de vie lui soient offertes. Hélas! Peine perdue. Le changement tant attendu n'est pas pour demain. À cause de l'immobilisme constaté, beaucoup d'Angolais quittent le pays à la recherche du mieux être. Vous ne devinez pas pourquoi? 

Pour gouverner, il ne suffit pas d'être un technocrate spécialisé dans divers domaines de la connaissance scientifique. Au-dessus de la science se trouve le sens humain et le fait d'être un nationaliste défenseur de ses racines, un patriote inconditionnel. Or,  vu la manière dont le pays est dirigé, on peut conclure, sans se tromper,  que les dirigeants Angolais sont pour la plupart des femmes et des hommes que nous pouvons assimiler aux colonialistes portugais.

Observez un peu la mosaïque de ces dirigeants. La majorité d'entre eux sont  diplômés ou spécialisés au Portugal. Ils ont vécu et créé des liens d'affinité avec la culture portugaise. Après le départ du colon portugais, ils ont pris sa place et se sont identifiés comme des membres d'une classe privilégiée. Des « angolais de souche » comme ils adorent  se définir. Cependant, du berceau dont ils sont originaires, ce qu'ils ont le mieux appris, c'est de s'assimiler aux principes du colonialiste portugais et d'étudier les stratégies de mise en œuvre du colonialisme - angolais - sur la base d'une constitution atypique, oeuvre du Mpla. En fait, les dirigeants actuels en Angola sont des colons luso-angolais. La majorité  d'entre eux appartient à la génération des cadres mplistes qui dans les années 80 et 90 est partie au Portugal sous les traits d'une nouvelle classe montante  et qui est revenue en Angola au début des années 2000. Avant de partir pour l'Europe, ces jeunes turcs faisaient déjà partie de la catégorie des Angolais confus et sans identité culturelle. Arrivés au Portugal, ils ont vécu en cercle fermé,  loin de leurs compatriotes. Comme est de rigueur dans le Mpla, la convivialité était uniquement entre eux. Pendant leur séjour au Portugal, ces individus ont vécu dans une réalité virtuelle  aux antipodes de l'Angola et beaucoup ont complètement perdu les quelques bases culturelles qu'elles avaient, d'autant plus qu'ils croyaient  devenus plus portugais que les Portugais de souche. Aujourd'hui, sans morue et sans vin rouge portugais, ils se sentent déconcertés. Bref, ces "assimilés" membres du gouvernement, sans ces artifices  portugais, se sentent affligés comme un poisson hors de l'eau. C'est ce genre de personnes qui gouvernent aujourd'hui l'Angola. 

Cette déconnexion qui existe entre les gouvernants et la population dans son ensemble n'est pas un fait du hasard. Les ministres issus de cette catégorie de gens évitent tout contact avec les Angolais. Dans leur agenda, ils ont un but bien défini : faire fortune pour envoyer au Portugal parce qu'ils se croient portugais. Ils n'ont aucune notion du nationalisme et se moquent de la culture angolaise qu'ils connaissent à peine. Ils considèrent les traditions angolaises comme quelque chose d'exotique. Ils sont culturellement perdus et sans vision stratégique pour l'Angola. Ils sont là pour servir uniquement les cercles et clubs de leurs amis et familles restés au Portugal. Ce serait une joie si ces soi-disant Luso-Angolais  avaient la capacité de transformer scientifiquement l'Angola comme le Nigeria, le Ghana ou le Kenya. S'ils pouvaient se montrer capables de construire un avenir radieux pour les enfants de l'Angola.  Hélas! rien de tout cela. La vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux,  montrant une jeune fille dont la maison de sa mère était démolie par  la méchanceté de ces dirigeants-là, est une preuve que nous continuons à être colonisés. Les dirigeants angolais font pire que les colons portugais. Je mets au défi quiconque me prouvera le contraire. 

Parlons-en. 

Source: Paulo Assuilo













       

samedi 4 février 2023

PARLONS-EN SANS TABOU.


Sobamasoba signifie, en kikongo, un ardent désir, un profond souhait du changement. Dans le cas qui concerne ce blog, il s'agissait du changement en Angola. Pendant toutes les années qui ont précédé les élections de 2022, tous les éléments étaient réunis pour que le désir du souverain primaire soit réalisé. Seulement, le moment venu, l'alternance  tant attendue n'a pas eu lieu. La Commission nationale électorale et le Tribunal constitutionnel en ont décidé autrement. Les résultats sortis des urnes ont été très intelligemment manipulés au profit du parti au pouvoir. En restant dans les limites de l'acceptable, 51,70% des voix ont  été attribués au Mpla. Juste ce qu'il fallait pour paraitre crédible aux yeux des opinions nationale et internationale. À Luanda, l'euphorie à laquelle la population était habituée après une victoire électorale du parti au pouvoir n'était visiblement pas au rendez-vous. Humilité ou gêne? Peu importe. Cela appartient aujourd'hui au passé. Et l'avenir, que nous réserve-t-il? Apparemment, rien d'intéressant. Car, voyons...La politique se construit à partir de récits fonctionnels qui établissent entre eux les fondements d'une bonne gouvernance. Or, il existe trois indicateurs qui servent de soubassement à une bonne gérance. Ce sont : la CRÉDIBILITÉ, la PRÉVISIBILITÉ et la STABILITÉ. 

Ces indicateurs sont des éléments d'équilibre  qui participent à la pratique d'une bonne administration sous le leadership d'un leader compétent. Est-ce le cas pour l'Angola? J'en doute fort. Car, il est de notoriété publique qu'au cours des très dures 47 années qui ont suivi l'indépendance, les Angolais ont connu trois Présidents de la république, tous adversaires de la démocratie et également ennemis d'un État de droit. Malgré leur impopularité et illégitimité, (ils n'ont jamais été élus), l'arrogance et le sentiment de supériorité les ont toujours conduit dans leur dérive  au point où le dernier en date et ses amis ont systématiquement prêché la guerre pendant la campagne qui a précédé les élections de 2022. Pourquoi un tel langage vingt ans après la fin du conflit armé qui a opposé l'Unita au Mpla? En cherchant très bien, on trouve que la vraie raison est objectivement liée à la peur qui les terrifie à l'idée d'organiser les élections locales. La gifle reçue aux législatives a laissé une profonde marque malgré le semblant de sérénité affichée. Dans ces circonstances, les Angolais sont face à un parti au pouvoir dirigé par un Président de la république acculé qui, dans ses divagations, entraîne toute la société sur une pente dangereuse. Un coup, c'est la réforme administrative territoriale décriée par l'opinion publique, un autre coup, ce sont les menaces contre l'Unita. Finalement, les cinq premiers années du mandat de JLo n'ont servi à rien? À l'assemblée nationale, le Mpla continue à mépriser l'apport de l'opposition. Le débat sur le Budget de l'État (OGE) est une illustration de l'insolence du pouvoir. 

L'Unita n'est pas l'ennemi du Mpla. C'est juste un parti adversaire qui poursuit le même objectif que le Mpla, mais qui est porteur d'un projet de société différent de celui du Mpla. Vouloir faire croire à l'opinion publique que l'Unita est porteur d'un projet toxique pour le peuple est un mensonge grossier. D'ailleurs les vrais résultats des dernières élections le prouvent à suffisance. Pourquoi alors s'obstiner à utiliser une recette qui ne donne pas des fruits? Certains "colombes" au sein du Mpla, sans l'exprimer publiquement, envisage la possibilité d'associer des cadres de l'opposition à la gestion de la chose publique. Le Mpla a montré ses limites. Il n'y a aucune honte à gérer le pays avec d'autres cadres issus de la société civile ou de l'opposition. Ils ne seront peut-être pas d'accord sur tout, mais sur l'essentiel un consensus est possible. Pourquoi cette obstination à vouloir gouverner seul? Pourquoi? Le philosophe Joseph Basile disait:" Celui qui sait enseigne pour faire savoir, et celui qui ne sait pas apprend pour s'enrichir et tous les deux se hausser ainsi ensemble."  L'Unita détient peut-être la solution à nos problèmes, pourquoi ne pas l'associer à la gestion du pays? Les élections de 2022 nous ont   donné la réponse. Le peuple souhaite voir l'Unita au pouvoir. La voix du peuple, c'est la voix de Dieu. Ecoutez-la. 

Sans tabou. 












jeudi 4 août 2022

DÉBAT: Le refus de Joâo Lourenço, une immaturité de la démocratie en Angola.

Quelques jours nous séparent de la date fixée pour les élections générales en Angola.  Si les campagnes électorales de 2012 et 2017, orientées par un pouvoir en position de force,  reposaient essentiellement sur les dommages occasionnés par  l'Unita durant la guerre qui a dévasté le pays pendant plus de 27 ans, cette année, la donne a changé. La propagande incriminant l'Unita, qui aurait détruit le pays, n'est plus d'actualité. Les électeurs nés après les accords de Luena, entre le Mpla et l'Unita, et qui n'ont pas connu la guerre, sont insensibles à la propagande accusatrice du Mpla qui voit en l'Unita le bouc émissaire de son bilan catastrophique. C'est pour cette raison que l'élection de Adalberto Costa Junior (ACJ) à la tête de l'Unita est vécue comme un coup de grâce par tous les caciques du Mpla. Plusieurs tentatives, toutes infructueuses, sont faites  pour invalider son élection. Finalement, Samakuva, le très accommodant président sortant, est remplacé par un impétueux  jeune  président difficile à contrôler. C'est lui qui, au début de cette campagne, dont il contrôle très bien le tempo, demande l'organisation d'un DÉBAT télévisé avec Joâo Lourenço (JLo) pour discuter publiquement des offres politiques, économiques et sociales de leurs respectifs partis. Le refus de JLo  d'affronter ACJ sur un plateau de télévision est vu dans l'opinion comme une preuve du manque de culture démocratique au sein du Mpla. Ne serait-ce que pour défendre son bilan, l'honnêteté intellectuelle et le devoir de redevabilité exigent du pouvoir sortant des explications sur la gestion du pays pendant le mandat qui s'achève. Le souverain premier, qui est le peuple, a le droit de savoir pourquoi les promesses électorales n'ont pas été tenues. Fuir un DÉBAT, sous prétexte qu'il n'apporte pas de quoi manger sur la table, est, de l'avis de plusieurs Angolais, une lâcheté, un manque de respect envers ses propres électeurs. 

Il est loin, très loin, le temps où tous les Angolais, y compris ceux des partis politiques de l'opposition, étaient derrière le président Joâo Lourenço. C'était en 2017, JLo venait d'être "élu". Il était à peine Président de la République, car José Eduardo dos Santos était encore à la tête du Mpla. Porteur de l'espérance d'une vie meilleure, JLo incarnait alors le changement que le peuple attendait depuis des années. Dès ses premiers pas, des signes d'ouverture, timides, certes, sont observés dans la manière de conduire le pays. À la grande surprise de tous, le bicéphalisme que l'on craignait  à la tête de l'État s'était avéré bénéfique dans la gestion de la chose publique. Eloigné de l'influence de son parti, JLo, jusqu'en 2019, a fait preuve de beaucoup de pragmatisme. Hélas! c'était trop beau pour être vrai. Les faucons du parti, pour des raisons inavouées, ont exigé le départ de JES de la direction du Mpla et son remplacement par JLo. 

Comme on pouvait s'y attendre, le congrès organisé par le Mpla a enfanté d'un scénario identique au précédent, à une différence près, cette fois, c'est à un militaire que l'on confie tous les pouvoirs du pays. D'ordinaire, les militaires arrivent au pouvoir à la suite d'un coup d'état. En Angola, le pays étant considéré comme une prise de guerre, la présence d'un soldat, issu de la guerre de libération, au pouvoir n'a pas vraiment surpris même si cela a suscité quelques inquiétudes. D'ailleurs, il n'a fallu que deux ans pour que le naturel revienne au galop. Un militaire, même démobilisé, reste toujours  un militaire. Aucune finesse dans sa manière d'aborder certains sujets. Aucun sens de dialogue. Dans ses échanges, il raisonne toujours en terme de victoire ou de défaite. Le DÉBAT étant un examen contradictoire avec un ou plusieurs interlocuteurs, le militaire s'y perd et verse rapidement dans la violence. Le seul langage qu'il connait, c'est celui des armes. À la moindre contrariété, il mobilise les troupes et accuse les autres de vouloir faire la guerre. Un manque d'arguments qui détermine son incapacité à vouloir accepter la différence. Vu sous cet angle, le refus de JLo de débattre avec ACJ n'étonne pas. Son manque de charisme et d'éloquence ne le favorise pas devant un ACJ habitué à la politique. 

C'est vrai, le DÉBAT n'est pas une obligation constitutionnelle, mais c'est une plus-value dans la consolidation de la démocratie. Si l'Angola est un pays réellement démocratique, alors...

Sobamasoba, l'analyse politique qui informe. 






           

 

mardi 21 juin 2022

ANGOLA CHERCHE DÉSESPÉRÉMENT LEADER... APPRENTIS S'ABSTENIR.

2022 est-il l'année des élections de tous les dangers en Angola? En tout cas les différents  propos tenus sur les antennes de radios privées à Luanda par certains meneurs de la jeunesse angolaise  le laisse croire clairement. Sur les réseaux sociaux, la tendance est la même. L'assurance qu'affiche l'opposition qui, aux contacts de la population, voit sa côte de popularité augmenter d'une façon vertigineuse  laisse  aussi croire qu'un échec électoral, dans les circonstances actuelles,  n'est pas envisageable. Les indices trop visibles de la fraude électorale en préparation dans les officines du pouvoir prouvent que la peur a changé de camp. L'alternance longtemps souhaitée par un peuple fatigué de 47 ans d'un pouvoir sans partage, et surtout d'une gouvernance sans un vrai leadership, est aujourd'hui l'élément fédérateur de diverses opinions. Il n'est un secret pour personne que les cinq années passées sous le régime de la continuité  ont été une catastrophe. Tous les sondages publiés à Luanda l'affirme. Cinq ans durant lesquels le pays n'a pas eu de leader. L'homme à la tête de l'Angola a été, certes, un président de la République, mais pas un Chef de l'État. Le leader ne se proclame pas, dit-on. Il se laisse découvrir par sa vision, ses actions, mais surtout par son empathie pour le peuple au nom de qui il est censé exercer le pouvoir. Dans le cas présent, le doute persiste quant à la capacité du Général-président à s'identifier à autrui par une quelconque émotivité. Cette distanciation est-elle un signe de mépris ou cache-t-elle autre chose? Pourtant une évidence se dégage tout de même lorsqu'un dirigeant n'est pas à la hauteur de la tâche. Tout le monde le sait, non pas parce que des ennemis, des journalistes ou des blogueurs le critiquent en le dénonçant, mais parce que la voix de ses actions ne porte pas. Il est aphone du fait de l'atonie de sa propre intelligence. 

Qui peut-on considérer comme un leader? Un leader, c'est une personne qui, au milieu des siens, motive, inspire  et influence. C'est une personne au service des autres. Les meilleurs leaders sont porteurs de bonnes idées et de meilleurs projets. Est-ce le cas en Angola?

Quelles sont les qualités ou les traits de caractère d'un leader? Le leader doit être un VISIONNAIRE. Le programme d'un parti politique ou d'une quelconque organisation ne constitue pas une vision du responsable élu à sa tête. Le leader doit être porteur de sa propre vision. Sa vision doit s'accompagner d'un fervent esprit d'INNOVATION. Une qualité  que possèdent les dirigeants capables d'initier de nouveaux projets, de nouvelles actions. Des dirigeants qui n'ont pas peur de sortir des sentiers battus et  d'apporter des solutions saines et moins couteuses aux problèmes de la société. Ces responsables là peuvent être qualifiés d' innovateurs. Cependant, innovation rime avec INTEGRITÉ. Droiture, honnêteté, probité, des qualités indispensables à un leader. Plus on est intègre, plus les collaborateurs vous font confiance et vous respectent. Cette particularité  permet au leader de se bâtir une meilleure réputation en toute HUMILITÉ, ce sentiment qui pousse à réprimer tout mouvement d'orgueil. Être modeste, servir les autres et non se servir. Servir dans l'EQUITÉ. Faire appel à des notions de justice et d'impartialité dans l'appréciation de tout ce qui appartient à tous et à chacun. Le leader doit savoir que l'autorité s'appuie sur la loi et non sur l'arbitraire. Dans sa démarche pour améliorer la vie de ses compatriotes, le leader doit faire montre de beaucoup de PERSÉVÉRANCE. Le leader ne se cache pas derrière des justifications sommaires. Il ne renonce pas et recommence plusieurs fois quand il échoue. Il n'abandonne jamais. Qui abandonne est une victime et non un leader.  

Ces traits de caractère, vous les trouvez certainement dans quelques-uns des politiciens angolais. Mais lesquels ? Je ne sais pas. En tout cas, ils ne sont pas nombreux. Je crois qu'il faut les chercher du coté de l'opposition parce que du coté du pouvoir, je doute que vous en trouviez. Alors, le 24 août 2002, dans l'isoloir, seul avec votre conscience, souvenez-vous du profil analysé dans cet article.         

Sobamasoba, l'analyse politique qui informe.

MKS.