mardi 14 octobre 2025

ELECTIONS MUNICIPALES, TERGIVERSATION, BLOCAGE, REFUS...

 

Ce sujet a cessé d’être d’actualité en Angola. Il a fait tellement coulé de l’encre et de la salive que l’opinion publique s’en est lassée. À quoi bon continuer à insister sur un sujet dont l’issu est déjà connu alors qu’il y a des problèmes aussi importants qui attendent d’être résolus. Le spectacle qu’a toujours offert le Mpla durant les discutions parlementaires sur le sujet est d’une inconstance désolante non seulement pour les partis politiques de l’opposition, mais même pour la population. Pour des raisons qui frôlent parfois l’absurdité, le parti dominant s’est toujours opposé à l’idée d’organiser des élections locales car, pour le Mpla, aborder la problématique de ces élections ouvre les débats sur  la décentralisation du pouvoir et le développement rural. Deux concepts qui conduisent à l’implication directe du citoyen dans la gestion de la chose publique et oblige l’État à redistribuer équitablement la richesse nationale produite dans le pays. Trop sensible pour le régime de Luanda. La décentralisation, le développement rural, la gestion partagée de la chose publique et la redistribution de la richesse nationale sont des tabous dans l’Angola du Mpla. Toucher à ces concepts, c’est remettre en question les fondements de l’existence même du Mpla.  Un parti qui, fort de sa majorité parlementaire, contrôle tout et refuse toutes sortes de cohabitation en s’arrogeant le droit de gouverner seul. Même l’Eglise catholique, pourtant très influente, et le reste de la société civile n’ont pas pu faire plier le pouvoir, inflexible et intransigeant sur le sujet. L’absence d’une vision politique claire et faute d’un programme de développement rural viable, placent le pouvoir  sur la défensive. Toutes propositions allant dans le sens d’associer les autres  forces politiques à la gestion du pays suscitent des démangeaisons dans les rangs du Mpla. C’est vraiment à compte-goutte que le gouvernement, dans son cynisme légendaire, laisse passer quelques morceaux du fameux paquet législatif destiné à encadrer les élections locales.

La politique, c’est la manière de gouverner un État. À première vue, cela parait simple et facile à réaliser. Beaucoup de nos dirigeants, quand ils arrivent au pouvoir, soutenus par une masse populaire importante, croient être capables d’apporter des réponses à toutes les attentes du peuple. Confrontés à la realpolitik, l’enthousiasme du début prend une douche froide qui tempère les ardeurs de première l’heure. Au bout de deux ou trois ans de pouvoir, le narratif change, les incohérences apparaissent, le régime se durcit et l’instinct de survie se dévoile cherchant à rester le plus longtemps possible à la tête de l’État. Toute idée tendant à lui retirer certains leviers du pouvoir est perçue comme une attaque à sa personne. En 2017, à son arrivée au pouvoir le Général Joâo Lourenço avait un discours qui rassemblé. En 2020, trois ans après, le narratif a changé. Aujourd’hui, il lutte pour sa survie politique et personnelle. Apparemment, le peuple ne fait plus partie de son agenda. Les vieux démons hérités de son prédécesseur ont refait surface et c’est reparti pour un tour avec son lot d’injustices sociales. La promesse d’organiser des élections locales en 2019 est tombée à l’eau. L’Angola profond, abandonné par le pouvoir central, continue à croupir dans la misère. Réforme agraire ? On en parle plus.

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