Ce sujet a cessé d’être d’actualité en Angola. Il a fait
tellement coulé de l’encre et de la salive que l’opinion publique s’en est
lassée. À quoi bon continuer à insister sur un sujet dont l’issu est déjà connu
alors qu’il y a des problèmes aussi importants qui attendent d’être résolus. Le
spectacle qu’a toujours offert le Mpla durant les discutions parlementaires sur
le sujet est d’une inconstance désolante non seulement pour les partis
politiques de l’opposition, mais même pour la population. Pour des raisons qui
frôlent parfois l’absurdité, le parti dominant s’est toujours opposé à l’idée
d’organiser des élections locales car, pour le Mpla, aborder la problématique
de ces élections ouvre les débats sur la
décentralisation du pouvoir et le développement rural. Deux concepts qui conduisent
à l’implication directe du citoyen dans la gestion de la chose publique et oblige
l’État à redistribuer équitablement la richesse nationale produite dans le
pays. Trop sensible pour le régime de Luanda. La décentralisation, le
développement rural, la gestion partagée de la chose publique et la
redistribution de la richesse nationale sont des tabous dans l’Angola du Mpla. Toucher
à ces concepts, c’est remettre en question les fondements de l’existence même du
Mpla. Un parti qui, fort de sa majorité
parlementaire, contrôle tout et refuse toutes sortes de cohabitation en
s’arrogeant le droit de gouverner seul. Même l’Eglise catholique, pourtant très
influente, et le reste de la société civile n’ont pas pu faire plier le
pouvoir, inflexible et intransigeant sur le sujet. L’absence d’une vision
politique claire et faute d’un programme de développement rural viable, placent
le pouvoir sur la défensive. Toutes
propositions allant dans le sens d’associer les autres forces politiques à la gestion du pays
suscitent des démangeaisons dans les rangs du Mpla. C’est vraiment à compte-goutte
que le gouvernement, dans son cynisme légendaire, laisse passer quelques morceaux
du fameux paquet législatif destiné à encadrer les élections locales.
La politique, c’est la manière de gouverner un État. À première
vue, cela parait simple et facile à réaliser. Beaucoup de nos dirigeants, quand
ils arrivent au pouvoir, soutenus par une masse populaire importante, croient être
capables d’apporter des réponses à toutes les attentes du peuple. Confrontés à
la realpolitik, l’enthousiasme du début prend une douche froide qui tempère les
ardeurs de première l’heure. Au bout de deux ou trois ans de pouvoir, le
narratif change, les incohérences apparaissent, le régime se durcit et
l’instinct de survie se dévoile cherchant à rester le plus longtemps possible à
la tête de l’État. Toute idée tendant à lui retirer certains leviers du pouvoir
est perçue comme une attaque à sa personne. En 2017, à son arrivée au pouvoir le
Général Joâo Lourenço avait un discours qui rassemblé. En 2020, trois ans
après, le narratif a changé. Aujourd’hui, il lutte pour sa survie politique et
personnelle. Apparemment, le peuple ne fait plus partie de son agenda. Les
vieux démons hérités de son prédécesseur ont refait surface et c’est reparti
pour un tour avec son lot d’injustices sociales. La promesse d’organiser des
élections locales en 2019 est tombée à l’eau. L’Angola profond, abandonné par
le pouvoir central, continue à croupir dans la misère. Réforme agraire ?
On en parle plus.
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