MANIFESTATIONS À LUANDA
VENTRE AFFAMÉ, POINT D’OREILLES.
Jamais dans l’histoire de
l’Angola, le Mpla au pouvoir à Luanda depuis cinquante ans n’a connu un réveil
aussi brutal que celui du 28 juillet 2025. Pour ceux qui observent attentivement
la situation politique en Angola, ce qui est arrivé était prévisible.
L’Explosion de colère qu’a connu Luanda et ses environs, ces derniers jours,
est arrivé pour une raison. Face à une dégradation galopante des conditions de
vie des Angolais, face à une misère rampante qui ne cesse d’étendre son voile
sur le pays, l’augmentation du prix de
carburant à la pompe est l’étincelle qui a mis le feu aux poudres. Il y a
longtemps que le feu couve sous les cendres. Les timides actions menées par les
activistes n’ont jamais pu influencer durablement les politiques publiques dans le pays.
L’augmentation de la pauvreté, le chômage, et pour ceux qui travaillent, la
stagnation des salaires, la réduction du pouvoir d’achat sont des facteurs qui
contribuent généralement à l’accroissement du mécontentement. Le manque d’une
réaction populaire a, pendant plusieurs années, permis aux dirigeants angolais
de dormir sur ses lauriers ignorant complètement les souffrances du peuple.
Ventre affamé n’a point d’oreilles, dit-on. La patience du peuple souverain est
arrivé à bout. La politique d’austérité imposée par le FMI et la Banque
Mondiale a des effets néfastes sur les populations jeunes. D’ailleurs, les
images sur les réseaux sociaux montrent que ce sont eux qui ont participé
massivement aux événements du 28. Une révolte populaire dont le bilan est plus
éloquent : 22 jeunes morts et 1214 arrestations. Des jeunes morts
inutilement. Un vrai gâchis !
Ce qui est arrivé, est arrivé
pour une raison. Ce n’est pas un fait de hasard. Même si la Police nationale a
repris le dessus sur les manifestants, une chose est certaine, le MPLA a perdu le contrôle de la situation.
Dans un pays où le salaire mensuel minimum est de 70.000 Kz (67 euros), comment
peut-on vivre décemment ? C’est cette frustration grandissante difficile à
contenir qui a fini par exploser. Une déflagration très attendue, mais dont
personne ne pouvait prévoir l’amorce. Finalement, le 28 juillet, ce jour est
arrivé, et la grève des transporteurs a servi de détonateur. La hausse du prix
du litre de carburant à la pompe est la goutte qui a fait débordé le vase. La
mesure n’a pas un impact uniquement sur les prix de taxis, mais aussi sur le
pouvoir d’achat de travailleurs qui dépendent de transports en commun pour se
rendre chaque jour au travail. Quand on sait que beaucoup de familles dépendent
du maigre salaire que reçoit le travailleur angolais, le soulèvement qui a eu
lieu le lundi 28 était pratiquement inévitable. La réaction tardive (?) et
disproportionnée de la Police nationale
est venue ajouter de l’huile au feu. Un deuxième épisode est, paraît-il, prévu
pour le 11/ 8. Est-ce pour cette raison qu’aujourd’hui encore la présence
policière est très visible dans les rues ? La solution de ce problème se
trouve-t-elle dans le déploiement des forces de police dans la ville ?
Sobamasoba, analyse et
informations sans fake news.
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