lundi 15 septembre 2025

28 - 29/7, COLERE PASSAGERE OU CRISE SOCIALE ?


Savoir lire les signes des temps est une habilité essentielle pour tout leader politique avisé. Faire semblant de ne pas comprendre le message contenu dans ces signes relève d’une inconscience criminelle. Le nombre de morts à Luanda, le 28/7, est une illustration significative. Cette inconscience démontre combien les peuples africains sont souvent otages d’une paranoïa institutionnelle parce que leurs dirigeants sont incapables de bien lire les signes des temps. Alors, surviennent  des problèmes qui affectent les populations et accentuent leur paupérisation. L’absence de politiques publiques susceptibles d’aider au développement réel du pays finit par conduire à la multiplication de miséreux. Les poubelles deviennent alors un lieu privilégié pour trouver de quoi manger.

En Angola, nous observons le même scénario. La lecture des signes des temps pose un gros problème aux dirigeants politiques angolais. Lorsqu’il leur arrive de  lire correctement ces signes, ils s’abstiennent de transmettre les résultats au Chef de l’État, craignant sa furieuse réaction. Et quand ils sont totalement incapables d’analyser la situation, ce qui arrive souvent, ils choisissent tout simplement de ne pas aborder la question. Des collaborateurs de cette qualité induisent les gouvernants dans des erreurs qui les éloignent de la réalité et finissent par leur faire perdre le sens de la justice sociale,  brisant ainsi, pour longtemps, leur lien avec le peuple. Une rupture qui conduit le peuple à cesser, partiellement ou totalement, de faire confiance au gouvernement. Dans le cas précis de l’Angola, c’est le Mpla qui, en refusant tout contact avec les réalités populaires, se dispose finalement à briser le lien avec le peuple. Le soulèvement populaire du mois de Juillet est le résultat de leur gouvernance. L’opposition n’y est pour rien.  

Le bon sens dans sa grande générosité nous recommande, face à une catastrophe ou un mouvement de protestation, d’analyser toujours les causes à l’origine de la situation. Réunir le Conseil de la République pour incriminer un tel ou un tel autre dirigeant de l’opposition est une preuve d’un amateurisme politique notoire. Les Angolais, dans leur misère, n’ont pas besoin d’un commanditaire pour protester dans la rue. Cinquante ans est le temps qu’a pris le processus de mûrissement du mécontentement angolais. Croire que le peuple angolais est incapable de se prendre en charge est une insulte à son endroit. Le peuple voit dans quelles écoles vont les enfants des dirigeants, dans quels hôpitaux sont soignées leurs familles. Les policiers qui ont participé au pillage, eux aussi, même s’ils protègent le régime, vivent des moments difficiles. Ventre affamé n’a point d’oreilles, dit-on.

Plus d’un mois après les événements du 28-29/7, quelles sont les mesures prises pour apaiser la colère des révoltés? Va-t-on attendre un deuxième mouvement de protestation, plus violent, pour trouver des solutions à nos problèmes? Dans un pays où « l’intelligence » sert moins le pays, où un citoyen éveillé est suspect et celui qui pense différent est une menace à la sécurité de l’État, je crois qu’il y a un problème.

Sobamasoba, analyse et infos sans fake news.   

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