Savoir lire les signes des temps est une habilité essentielle
pour tout leader politique avisé. Faire semblant de ne pas comprendre le
message contenu dans ces signes relève d’une inconscience criminelle. Le nombre
de morts à Luanda, le 28/7, est une illustration significative. Cette
inconscience démontre combien les peuples africains sont souvent otages d’une
paranoïa institutionnelle parce que leurs dirigeants sont incapables de bien lire
les signes des temps. Alors, surviennent
des problèmes qui affectent les populations et accentuent leur paupérisation.
L’absence de politiques publiques susceptibles d’aider au développement réel du
pays finit par conduire à la multiplication de miséreux. Les poubelles
deviennent alors un lieu privilégié pour trouver de quoi manger.
En Angola, nous observons le même scénario. La lecture des
signes des temps pose un gros problème aux dirigeants politiques angolais. Lorsqu’il
leur arrive de lire correctement ces
signes, ils s’abstiennent de transmettre les résultats au Chef de l’État,
craignant sa furieuse réaction. Et quand ils sont totalement incapables
d’analyser la situation, ce qui arrive souvent, ils choisissent tout simplement
de ne pas aborder la question. Des collaborateurs de cette qualité induisent les
gouvernants dans des erreurs qui les éloignent de la réalité et finissent par
leur faire perdre le sens de la justice sociale, brisant ainsi, pour longtemps, leur lien avec
le peuple. Une rupture qui conduit le peuple à cesser, partiellement ou
totalement, de faire confiance au gouvernement. Dans le cas précis de l’Angola,
c’est le Mpla qui, en refusant tout contact avec les réalités populaires, se
dispose finalement à briser le lien avec le peuple. Le soulèvement populaire du
mois de Juillet est le résultat de leur gouvernance. L’opposition n’y est pour
rien.
Le bon sens dans sa grande générosité nous recommande, face à
une catastrophe ou un mouvement de protestation, d’analyser toujours les causes
à l’origine de la situation. Réunir le Conseil de la République pour incriminer
un tel ou un tel autre dirigeant de l’opposition est une preuve d’un
amateurisme politique notoire. Les Angolais, dans leur misère, n’ont pas besoin
d’un commanditaire pour protester dans la rue. Cinquante ans est le temps qu’a
pris le processus de mûrissement du mécontentement angolais. Croire que le
peuple angolais est incapable de se prendre en charge est une insulte à son
endroit. Le peuple voit dans quelles écoles vont les enfants des dirigeants,
dans quels hôpitaux sont soignées leurs familles. Les policiers qui ont
participé au pillage, eux aussi, même s’ils protègent le régime, vivent des
moments difficiles. Ventre affamé n’a point d’oreilles, dit-on.
Plus d’un mois après les événements du 28-29/7, quelles sont
les mesures prises pour apaiser la colère des révoltés? Va-t-on attendre un
deuxième mouvement de protestation, plus violent, pour trouver des solutions à
nos problèmes? Dans un pays où « l’intelligence » sert moins le pays,
où un citoyen éveillé est suspect et celui qui pense différent est une menace à
la sécurité de l’État, je crois qu’il y a un problème.
Sobamasoba, analyse et infos sans fake news.
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