mardi 14 octobre 2025

ELECTIONS MUNICIPALES, TERGIVERSATION, BLOCAGE, REFUS...

 

Ce sujet a cessé d’être d’actualité en Angola. Il a fait tellement coulé de l’encre et de la salive que l’opinion publique s’en est lassée. À quoi bon continuer à insister sur un sujet dont l’issu est déjà connu alors qu’il y a des problèmes aussi importants qui attendent d’être résolus. Le spectacle qu’a toujours offert le Mpla durant les discutions parlementaires sur le sujet est d’une inconstance désolante non seulement pour les partis politiques de l’opposition, mais même pour la population. Pour des raisons qui frôlent parfois l’absurdité, le parti dominant s’est toujours opposé à l’idée d’organiser des élections locales car, pour le Mpla, aborder la problématique de ces élections ouvre les débats sur  la décentralisation du pouvoir et le développement rural. Deux concepts qui conduisent à l’implication directe du citoyen dans la gestion de la chose publique et oblige l’État à redistribuer équitablement la richesse nationale produite dans le pays. Trop sensible pour le régime de Luanda. La décentralisation, le développement rural, la gestion partagée de la chose publique et la redistribution de la richesse nationale sont des tabous dans l’Angola du Mpla. Toucher à ces concepts, c’est remettre en question les fondements de l’existence même du Mpla.  Un parti qui, fort de sa majorité parlementaire, contrôle tout et refuse toutes sortes de cohabitation en s’arrogeant le droit de gouverner seul. Même l’Eglise catholique, pourtant très influente, et le reste de la société civile n’ont pas pu faire plier le pouvoir, inflexible et intransigeant sur le sujet. L’absence d’une vision politique claire et faute d’un programme de développement rural viable, placent le pouvoir  sur la défensive. Toutes propositions allant dans le sens d’associer les autres  forces politiques à la gestion du pays suscitent des démangeaisons dans les rangs du Mpla. C’est vraiment à compte-goutte que le gouvernement, dans son cynisme légendaire, laisse passer quelques morceaux du fameux paquet législatif destiné à encadrer les élections locales.

La politique, c’est la manière de gouverner un État. À première vue, cela parait simple et facile à réaliser. Beaucoup de nos dirigeants, quand ils arrivent au pouvoir, soutenus par une masse populaire importante, croient être capables d’apporter des réponses à toutes les attentes du peuple. Confrontés à la realpolitik, l’enthousiasme du début prend une douche froide qui tempère les ardeurs de première l’heure. Au bout de deux ou trois ans de pouvoir, le narratif change, les incohérences apparaissent, le régime se durcit et l’instinct de survie se dévoile cherchant à rester le plus longtemps possible à la tête de l’État. Toute idée tendant à lui retirer certains leviers du pouvoir est perçue comme une attaque à sa personne. En 2017, à son arrivée au pouvoir le Général Joâo Lourenço avait un discours qui rassemblé. En 2020, trois ans après, le narratif a changé. Aujourd’hui, il lutte pour sa survie politique et personnelle. Apparemment, le peuple ne fait plus partie de son agenda. Les vieux démons hérités de son prédécesseur ont refait surface et c’est reparti pour un tour avec son lot d’injustices sociales. La promesse d’organiser des élections locales en 2019 est tombée à l’eau. L’Angola profond, abandonné par le pouvoir central, continue à croupir dans la misère. Réforme agraire ? On en parle plus.

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lundi 15 septembre 2025

28 - 29/7, COLERE PASSAGERE OU CRISE SOCIALE ?


Savoir lire les signes des temps est une habilité essentielle pour tout leader politique avisé. Faire semblant de ne pas comprendre le message contenu dans ces signes relève d’une inconscience criminelle. Le nombre de morts à Luanda, le 28/7, est une illustration significative. Cette inconscience démontre combien les peuples africains sont souvent otages d’une paranoïa institutionnelle parce que leurs dirigeants sont incapables de bien lire les signes des temps. Alors, surviennent  des problèmes qui affectent les populations et accentuent leur paupérisation. L’absence de politiques publiques susceptibles d’aider au développement réel du pays finit par conduire à la multiplication de miséreux. Les poubelles deviennent alors un lieu privilégié pour trouver de quoi manger.

En Angola, nous observons le même scénario. La lecture des signes des temps pose un gros problème aux dirigeants politiques angolais. Lorsqu’il leur arrive de  lire correctement ces signes, ils s’abstiennent de transmettre les résultats au Chef de l’État, craignant sa furieuse réaction. Et quand ils sont totalement incapables d’analyser la situation, ce qui arrive souvent, ils choisissent tout simplement de ne pas aborder la question. Des collaborateurs de cette qualité induisent les gouvernants dans des erreurs qui les éloignent de la réalité et finissent par leur faire perdre le sens de la justice sociale,  brisant ainsi, pour longtemps, leur lien avec le peuple. Une rupture qui conduit le peuple à cesser, partiellement ou totalement, de faire confiance au gouvernement. Dans le cas précis de l’Angola, c’est le Mpla qui, en refusant tout contact avec les réalités populaires, se dispose finalement à briser le lien avec le peuple. Le soulèvement populaire du mois de Juillet est le résultat de leur gouvernance. L’opposition n’y est pour rien.  

Le bon sens dans sa grande générosité nous recommande, face à une catastrophe ou un mouvement de protestation, d’analyser toujours les causes à l’origine de la situation. Réunir le Conseil de la République pour incriminer un tel ou un tel autre dirigeant de l’opposition est une preuve d’un amateurisme politique notoire. Les Angolais, dans leur misère, n’ont pas besoin d’un commanditaire pour protester dans la rue. Cinquante ans est le temps qu’a pris le processus de mûrissement du mécontentement angolais. Croire que le peuple angolais est incapable de se prendre en charge est une insulte à son endroit. Le peuple voit dans quelles écoles vont les enfants des dirigeants, dans quels hôpitaux sont soignées leurs familles. Les policiers qui ont participé au pillage, eux aussi, même s’ils protègent le régime, vivent des moments difficiles. Ventre affamé n’a point d’oreilles, dit-on.

Plus d’un mois après les événements du 28-29/7, quelles sont les mesures prises pour apaiser la colère des révoltés? Va-t-on attendre un deuxième mouvement de protestation, plus violent, pour trouver des solutions à nos problèmes? Dans un pays où « l’intelligence » sert moins le pays, où un citoyen éveillé est suspect et celui qui pense différent est une menace à la sécurité de l’État, je crois qu’il y a un problème.

Sobamasoba, analyse et infos sans fake news.   

lundi 4 août 2025

MANIFESTATIONS À LUANDA, VENTRE AFFAMÉ...

 

MANIFESTATIONS À LUANDA

VENTRE AFFAMÉ, POINT D’OREILLES.

Jamais dans l’histoire de l’Angola, le Mpla au pouvoir à Luanda depuis cinquante ans n’a connu un réveil aussi brutal que celui du 28 juillet 2025. Pour ceux qui observent attentivement la situation politique en Angola, ce qui est arrivé était prévisible. L’Explosion de colère qu’a connu Luanda et ses environs, ces derniers jours, est arrivé pour une raison. Face à une dégradation galopante des conditions de vie des Angolais, face à une misère rampante qui ne cesse d’étendre son voile sur le pays,   l’augmentation du prix de carburant à la pompe est l’étincelle qui a mis le feu aux poudres. Il y a longtemps que le feu couve sous les cendres. Les timides actions menées par les activistes n’ont jamais pu influencer durablement  les politiques publiques dans le pays. L’augmentation de la pauvreté, le chômage, et pour ceux qui travaillent, la stagnation des salaires, la réduction du pouvoir d’achat sont des facteurs qui contribuent généralement à l’accroissement du mécontentement. Le manque d’une réaction populaire a, pendant plusieurs années, permis aux dirigeants angolais de dormir sur ses lauriers ignorant complètement les souffrances du peuple. Ventre affamé n’a point d’oreilles, dit-on. La patience du peuple souverain est arrivé à bout. La politique d’austérité imposée par le FMI et la Banque Mondiale a des effets néfastes sur les populations jeunes. D’ailleurs, les images sur les réseaux sociaux montrent que ce sont eux qui ont participé massivement aux événements du 28. Une révolte populaire dont le bilan est plus éloquent : 22 jeunes morts et 1214 arrestations. Des jeunes morts inutilement. Un vrai gâchis !

Ce qui est arrivé, est arrivé pour une raison. Ce n’est pas un fait de hasard. Même si la Police nationale a repris le dessus sur les manifestants, une chose est certaine,  le MPLA a perdu le contrôle de la situation. Dans un pays où le salaire mensuel minimum est de 70.000 Kz (67 euros), comment peut-on vivre décemment ? C’est cette frustration grandissante difficile à contenir qui a fini par exploser. Une déflagration très attendue, mais dont personne ne pouvait prévoir l’amorce. Finalement, le 28 juillet, ce jour est arrivé, et la grève des transporteurs a servi de détonateur. La hausse du prix du litre de carburant à la pompe est la goutte qui a fait débordé le vase. La mesure n’a pas un impact uniquement sur les prix de taxis, mais aussi sur le pouvoir d’achat de travailleurs qui dépendent de transports en commun pour se rendre chaque jour au travail. Quand on sait que beaucoup de familles dépendent du maigre salaire que reçoit le travailleur angolais, le soulèvement qui a eu lieu le lundi 28 était pratiquement inévitable. La réaction tardive (?) et disproportionnée  de la Police nationale est venue ajouter de l’huile au feu. Un deuxième épisode est, paraît-il, prévu pour le 11/ 8. Est-ce pour cette raison qu’aujourd’hui encore la présence policière est très visible dans les rues ? La solution de ce problème se trouve-t-elle dans le déploiement des forces de police dans la ville ?

Sobamasoba, analyse et informations sans fake news.   

 

dimanche 15 juin 2025

L'EXCLUSION EN POLITIQUE, UN VIRUS DESTRUCTEUR.

L’ EXCLUSION EN POLITIQUE

UN VIRUS DESTRUCTEUR

Bien peu sont les Angolais qui s’interrogent sur la nocivité de la pratique de l’EXCLUSION dans notre système politique et social. Est-ce par ignorance ? Est-ce par une lassitude due à la nébulosité des méthodes de gestion de notre gouvernement ? Pourquoi exclure un groupe de personnes d’un quelconque système peut-il passer inaperçu dans l’opinion publique? Un regard rétrospectif sur notre histoire ne nous rappelle-t-il pas combien l’EXCLUSION est une réalité ? Une réalité qui menace notre cohésion nationale. Chercher à écarter les autres, parce qu’ils pensent différemment, est une pratique qui met en péril la fragile harmonie nationale en construction dans le pays depuis 50 ans. Les derniers événements à Galanga dans la province de Huambo prouvent à suffisance combien l’exclusion est néfaste.

Il est important de préciser ici que la pratique de l’EXCLUSION en politique n’est pas uniquement un apanage de l’Angola et du Mpla. En Afrique, des pays comme le Rwanda(FPR), le Congo-Brazza(PCT), le Zimbabwe(Zanu-pf) ou le Mozambique(Frelimo) sont passés maitres dans l’art d’exclure les opposants du système politique en place dans le pays. Tous ceux qui, même au sein du régime, expriment ou essayent d’exprimer des idées contraires à celles véhiculées par le parti au pouvoir se voient écartés de compétitions électorales. Tout cela se passe d’une manière plus ou moins légale. Des arguments, basés sur des lois élaborées à la hâte et soutenues par une majorité parlementaire acquise au pouvoir, sont utilisés pour justifier l’injustifiable. Plus récemment, en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, Blé Goudé, Guillaume Soro, Tidiane Thiam sont exclus de la compétition électorale. Maudite Afrique. Voilà camarades, un des maux qui tue nos démocraties. Je vous prie de retenir aussi que l’EXCLUSION ne s’applique pas seulement aux individus. Des régions entières sont exclues des Projets de développement du gouvernement, et complètement abandonnées à leur sort parce que la majorité de  populations de ces régions a voté en faveur d’un parti de l’opposition. En Angola, le sous-développement criant dans lequel s’enlise depuis des années la province du Zaïre (Mbanza Kongo) est un exemple emblématique. Les régions de Kuando-Kubango dans le sud du pays, favorables à l’Unita, sont depuis 50 ans dans un piteux état. Il ne faut pas être un magicien pour savoir pourquoi. Ces deux exemples parmi tant d’autres illustrent à quel niveau la culture de l’EXCLUSION s’est enracinée dans la manière de gérer de nos dirigeants.

Dans l’Angola d’avant l’indépendance, c’est en 1973, au congrès du Mpla à  Lusaka, que les archives enregistrent la première exclusion dans les annales du Mpla, alors mouvement de libération. Daniel Chipenda, vice-président,  est exclu à cause de son opposition au renforcement excessif du leadership du président Agostinho Neto, devenu figure centrale au sein du Mpla. Par cet acte, le Mpla,  mouvement de libération, installe insidieusement l’EXCLUSION dans nos mœurs politiques. La deuxième exclusion spectaculaire a lieu en 1975. Le FNLA et l’UNITA sont exclus de la proclamation de l’indépendance de l’Angola. Cette fois, peu importe la manière, exclure devient un acte légitime, naturel. En 1977 au mois de Mai, sous prétexte d’un fractionnisme dangereux, Nito Alves, José Van Dunem, Sita Valles, Bakaloff et les autres sont neutralisés et, par conséquent, exclus DEFINITIVEMENT du Mpla. C’est le summum. Je ne veux pas rappeler ici la tentative d’exclusion ratée de Adalberto Costa Junior et de Liberty Chaka.   Que Holden Roberto et Jonas Malheiro Savimbi ne figurent pas sur la liste des récipiendaires pour la médaille d’honneur de 50 ans d’indépendance de l’Angola, cela ne peut étonner personne.

Sobamasoba, analyse et infos sans fake news.        

  

samedi 3 mai 2025

ANGOLA, Á DEUX ANS DES ÉLECTIONS, MÊME SCÉNARIO....

L’actualité politique angolaise s’est beaucoup accélérée ces derniers mois. Différents événements, les uns plus importants que les autres, ont émaillé cette période. Cette sorte  d’accélération est souvent observée par ceux qui s’intéressent à la politique angolaise,  à quelques mois des élections. C’est à cette époque que nous assistons  à un film déjà tourné mais remis à neuf sur une nouvelle pellicule. Un film tiré du même scénario, celui de la manipulation et du mensonge. N’auriez-vous pas remarqué qu’à l’approche de chaque cycle électoral, le pouvoir place ses pions aux endroits stratégiques pour que le moment venu le piège se referme sur ses adversaires politiques, resignés et impuissants ?

Je prends ici pour exemple la réélection de Manuel Pereira da Silva (Manico) à la tête de la CNE (Commission nationale électorale) malgré les protestations de l’UNITA et alliés. Son maintien à la direction de cette organisation d’appui à la démocratie n’est pas un fait fortuit. C’est le premier pas décisif vers une fraude électorale programmée. Les têtes bien pensantes affirment que la fraude électorale se prépare toujours en amont.

Dans ce processus de préparation de la fraude électorale, la deuxième étape consiste à écarter les leaders de l’opposition dont la présence dérange le régime. Dans ce cas précis, il s’agit de Adalberto Costa Junior et Liberty Chaka, tous les deux cadres supérieurs de l’Unita, et très adulés par la jeunesse angolaise. Quand on sait que la jeunesse représente plus de 50% des électeurs, je vous laisse tirer vos conclusions. Alors, pour les disqualifier, un procès quelque peu insolite est organisé à Huambo dans le but, manifestement, d’incriminer les deux leaders de l’UNITA. Malheureusement, la tentative a accouché d’une souris. L’histoire des explosifs destinés à perpétrer un attentat contre Joe Biden est finalement un montage cousu de fil blanc.

Cette histoire de COMMISSION ELECTORALE n’a apporté, jusqu’à ce jour, que tragédies aux peuples africains. Dans aucun de nos pays, les résultats des élections organisées par ces fameuses commissions  n’ont été acceptés sans contestations. Dernier exemple en date, le Mozambique. Dans les pays dont nous copions les formules, ces commissions n’existent pas. Les élections sont organisées par le Ministère de l’Intérieur, seul détenteur de toutes les données sur la population. Et sans controverse, les résultats sont connus dans la soirée et acceptés par tous dans l’heure qui suit. Or, dans les pays africains qui ont adopté ce système, le choix des dirigeants de ces fameuses commissions pose déjà problème. Le parti au pouvoir s’arroge le droit d’avoir plus des membres au sein de la commission pour peser plus pendant les assemblées plénières. En RDCongo, les élections de 2018 continuent à être contestées, sept ans après, par celui-là même qui avait proclamé l’actuel président vainqueur, allez-y comprendre. En Côte d’Ivoire, à quelques mois des élections, le débat autour de la commission électorale commence à s’envenimer sérieusement. Ce pays a connu une situation dramatique (3000 morts) il y a quelques années. Les résultats publiés par la commission électorale, selon l’opinion de certaines personnes, ne correspondaient pas à leurs attentes, c’est l’étincelle qui a mis le feu aux poudres. En Angola, dès sa réélection, Manico est contesté par l’UNITA. En signe de protestations,  ses membres quittent l’Assemblée nationale le jour de son intronisation. Alors pourquoi ne réfléchirons-nous pas à la possibilité de changer de système et de trouver un mécanisme plus consensuel ?

  Sobamasoba, analyse et info sans FAKE NEWS.

dimanche 26 mai 2024

PAUVRETÉ EN HAUSSE, AVEC EUX RIEN NE VA.

Sur le continent africain, s'il y a des hommes politiques très critiqués, voir vilipendés, le Président angolais occupe une place de choix sur la liste. Arrivé au pouvoir avec un discours fédérateur, la fronde au sein de son parti l'a refroidi au point de renier ses propres promesses. Et depuis, c'est la descente en enfer. Les poubelles sont devenues des lieux de rencontre pour les miséreux crées par son régime. Femmes, enfants et vieilles personnes se battent pour trouver de quoi manger dans ces poubelles. Quelle image dégradante pour le pays! Le Président  JLo est-il au courant?   

Je suis conscient qu'il n'est pas facile de donner des conseils à un leader comme vous, Monsieur le Président, comme dirait Machiavel, encore moins si Monsieur ne le demande pas parce que ses conseillers lui suffisent. Des conseillers auprès de qui vous êtes  certainement informé sur toutes les questions et affaires privées de l’État. Cependant,  il n’en est pas moins vrai que la prudence et la sagesse chez un leader sont des vertus souveraines qui se manifestent lorsqu’il s’entoure de bons conseillers et, surtout, s'il écoute la voix de son peuple.

Pour des millions d'Angolais, à l'intérieur et comme à l'extérieur du pays, ainsi que pour moi-même, il serait rassurant que Monsieur le Président regarde  avec attention l'Angola, et écoute  ce que les gens ont à lui dire. Peut-être que ses conseillers, préférant la flatterie à la vérité, ne lui disent pas tout et lui cachent bien des drames qui secouent notre pays. Ils lui font croire   qu'IL  jouit d'une bonne réputation. Toutefois, il est plus que prouvé qu'un leader, pour avoir une excellente image de lui-même, doit être sage, se tenir à l'écart de la flatterie et ne pas se remettre entièrement entre les mains de ses conseillers. Le Chef doit s'efforcer  plutôt de gouverner en tenant compte des réalités, toujours avec le peuple à ses côtés.

Malheureusement, ce n’est pas ce qui se produit en Angola. La politique conduite par le Mpla dans le pays ne correspond pas aux attentes du peuple. Les Angolais sont démoralisés et ne croient plus en rien, ils n'ont plus aucun espoir en l'avenir. Tout leur a été confisqué. La dignité d'une vie décente et, surtout, la dignité d'une citoyenneté éphémère conquise en 1975 grâce à l'indépendance nationale. Même l'orgueil d'une identité forgée durant la lute de libération contre le colonialisme portugais s'est envolée. La classe politique au pouvoir s'est complètement corrompue. Elle s'est éloignée entièrement de la société civile. Les gens se sentent vexés par tant d’injustices, vexés par la misère, vexés par la faim et les maladies qui les tourmentent. Et comme si cela ne suffisait pas, la haine augmente chaque jour davantage. 

Qui pouvait imaginer qu'un jour nous parlerons de l'Angola en ces termes? De cet  Angola qui effraie ses propres enfants et les fait fuir au loin, vers l'Europe, les États-Unis, le Brésil et ailleurs. Une seule fois, Monsieur le Président, avez-vous peut-être déjà penser à la manière d'inverser la tendance? Aux solutions visant à intervertir cette dégradation, cette chute dans l'abîme? La patrie que les Angolais veulent, n'est pas celle que vous bricolez avec vos amis. Les millions d'Angolais, dans leur majorité, ne l'acceptent pas non plus. La patrie qu'ils veulent est une patrie de tous les hommes, sans distinction, une patrie de la démocratie, une patrie de citoyens libres, où tous sont égaux devant la loi et où personne n’est persécuté ou abattue en raison de ses idéaux politiques; une patrie où des normes élevées de moralité sont exigées des gouvernants et des fonctionnaires en général, une patrie où il y a non seulement une place pour le MPLA, mais aussi pour l'UNITA, pour le FNLA. Est-ce trop demander?

Sobamasoba

Eduardo M.Scotty. 

  















    


 

 

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samedi 17 février 2024

LA PEUR DE PERDRE LE POUVOIR GÉNÈRE AUTOCRATIE ET CORRUPTION.

La peur est un sentiment de forte anxiété  qu’un groupe d’hommes ou un homme développe en présence d’un danger ou d’une menace possible. Dans le cas de l’Angola, éclairant l’opinion publique sur leur peur de perdre le pouvoir, José Eduardo dos Santos, dans les « Confessions d’un homme d’État » de Solange Faria et Benja Satula, illustre en détail le comportement de ses camarades du Mpla depuis 1975. Lisez le court résumé ci-dessous pour vous faire une idée de leur fébrilité. S’il vous plaît lisez la suite.

« Parler de justice en Angola me fait honte, et me met en colère, raconte José Eduardo dos Santos, parce que j’ai été l’un de ceux qui ont le plus violé les lois du pays, en utilisant mes prérogatives de président de la République pour contrôler les tribunaux supérieurs. J’ai utilisé les présidents des tribunaux, constitutionnel et suprême, pour exécuter la volonté du parti (MPLA), une volonté générée par la peur. La peur  que tous les camarades ressentaient face à la vérité si nous n’avions plus le pouvoir après de nombreuses années de guérilla et de lutte armée. Les neuf années du camarade Rui Ferreira comme juge président du Tribunal suprême étaient exclusivement au service du parti, le Mpla, hormis les questions qui n’avaient pas d’intérêts politiques. C’est avec douleur et honte que je raconte ces faits, car les juges étaient payés et bien servis afin qu’ils ne discutent pas ou ne soulèvent pas de controverse en relation avec des décisions impliquant le parti ou tout membre occupant un poste de haute importance.  Et s’il n’en était pas ainsi, c’était un pion à abattre.

Bien que nous ayons créé la Haute Autorité de lutte contre la corruption, cela n’a pas fonctionné parce qu’avec l’aggravation de la guerre, il était nécessaire d'évaluer les intérêts qui étaient prévus pour tout projet qui devait être réalisé pour le pays. Nous savions que la corruption a toujours été un cancer, nous n’avions tout simplement aucun intérêt à la combattre, parce que l’intérêt partisan et personnel de certains camarades criait plus fort. La lutte contre la corruption était pareille à la lutte contre le MPLA en interne, peu de camarades s’en sortiraient indemnes 

Lorsque nous avons senti le vent du changement, nous avons responsabilisé la maison militaire, sous la direction du camarade Kopelipa, pour brûler les archives, afin que certains documents ne laissent aucune trace au cas où certains dossiers seraient mises au jour et impliqueraient nos noms dans la gestion des affaires publiques. La destruction  des archives n’a pas commencé en 2017, c’est une pratique qui a commencé bien avant la présidence de la République en 2017. De nombreux dossiers ont été brûlés pour qu’aucune trace ne soit laissée et que nous ne soyons pas pris de manière impromptue.

Les morts causées par le régime pendant la période qui a suivi l’indépendance étaient un signe avant-coureur que quelque chose de pire  était à venir, mais en aucun cas cela ne nous a arrêté ni emmener à réfléchir à la façon dont nous voulions voir l’Angola de demain. C’est avec beaucoup de douleur et de tristesse que je raconte ces faits, parce que j’ai honte du très bas niveau de misère intellectuelle auquel mes camarades et moi-même sommes tombés, tout cela à cause d’une maudite soif du pouvoir, et de ses bienfaits." 

Ce bref résumé des aveux de José Eduardo Dos Santos, ancien président du MPLA et de l’Angola, est une illustration de la catégorie des gens auxquelles les Angolais ont confié le pouvoir en Angola. Lisez "Confissôes de um Estadista" de Solange Faria et Benja Satula. 

Sobamasoba

Eduadro M.Scotty